Paris et Berlin ont plaidé de concert vendredi pour la création de mécanismes comme la taxe carbone aux frontières contre les pays qui ne s'engageraient pas à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Dans une lettre commune au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel appellent en outre à la création d'une Organisation mondiale de l'environnement.
«Il ne serait pas acceptable que les efforts des pays les plus ambitieux soient compromis par les fuites de carbone qui résulteraient de l'absence ou de l'insuffisance d'action de certains,» déclarent-ils dans leur lettre.
«Pour cette raison, il doit être possible de mettre en place des mesures d'ajustement appropriées visant les pays qui ne respecteraient pas cet accord ou n'en seraient pas partie,» ajoutent-ils dans ce texte diffusé par l'Elysée.
L'envoi de cette lettre intervient à quatre jours de la réunion, e 22, à l'initiative de l'Onu, d'un mini-sommet sur la lutte contre les changements climatiques pour faire le point sur les progrès réalisés dans la préparation du sommet de Copenhague, en décembre.
Alors que l'Union européenne estime être en pointe sur ces questions, la France et l'Allemagne réclament une accélération du rythme des négociations internationales et estiment que la réunion de New York doit être l'occasion d'une "mobilisation politique pour parvenir à un accord ambitieux à Copenhague."
Jeudi soir à Bruxelles à l'issue d'un Conseil européen, le président français avait indiqué que son idée d'une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne pénalisant les importations de pays qui ne feraient aucun effort pour réduire leurs émissions bénéficiait d'un soutien croissant parmi les 27.
Dans leur déclaration commune jeudi, les vingt-sept estimaient que «le G20 devrait reconnaître qu'il est nécessaire que l'aide publique internationale démarre rapidement pour répondre aux besoins urgents de financement dans le domaine de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, en particulier les pays les moins développés. La Commission estime à environ 5 à 7 milliards d'euros par an les besoins de financement pour la période 2010-2012, avant la création d'une architecture financière dans le cadre d'un accord à Copenhague.»