Un an tout rond. C’est le 29 juin prochain que le pôle de gestion d’actifs de Natixis, baptisé Natixis Global Asset Management (AM) après la fusion de Natexis AM et Ixis Global AM, fêtera son premier anniversaire. Pour l’occasion sa principale filiale, Natixis AM, centre de gestion spécialisé sur l’Europe (373 milliards d’euros d’encours sur un total de 576 milliards), vient de terminer l’élaboration d’un plan stratégique à horizon 2012.
Une annonce qui tranche avec celle du groupe qui a rendu publique le mois dernier la suppression de 1.650 postes (800 en interne et 850 en externe). Sans compter un environnement particulièrement difficile depuis près d’un an, avec la crise du subprime, et alors que l’industrie de la gestion d’actifs connaît sa première grande vague de décollecte massive en Europe (encore 31 milliards d’euros de retraits au premier trimestre 2008 selon les chiffres de l’Efama, l’association professionnelle des gérants européens). Difficile dans un tel contexte de fixer des objectifs précis d’encours sous gestion. S’ils existent, ils sont en tout cas gardés secrets. La société, qui affirme ne pas être concernée par le régime imposé par sa maison mère, préfère parler d’objectif de rentabilité. Il est vrai que lors de la cotation de Natixis en novembre 2006, des objectifs précis lui ont été fixés : assurer au moins 15% de croissance par an du résultat brut d’exploitation (RBE). «L'objectif de RBE de Natixis AM s'inscrit dans cette tendance», indique aujourd'hui Pascal Voisin, directeur général.
Son plan à horizon 2012 s’évertue donc à fixer de grandes lignes pour assurer cette rentabilité. Trois axes prioritaires ont été définis : l’international, le réseau en France et la distribution externe. A l’international, d’abord, la société s’est fixé pour objectif un tiers de collecte réalisée hors de France, contre un peu moins de 10% actuellement. Dans cette optique, Natixis AM travaille en étroite collaboration avec Natixis Global Associates, la plate-forme de distribution du pôle. En 2007, cette dernière a ouvert des bureaux en Suisse et au Luxembourg. A l’inverse, sur le territoire français, les réseaux distributeurs des actionnaires, le groupe Caisse d’Epargne et les Banques Populaires, seront choyés. Natixis Epargne Financière, la filiale chargée d’animer et de former les conseillers de ces deux réseaux, prendra juridiquement vie le 1er juillet (lire l'encadré).
De nouvelles expertises
Côté offre, la société compte consolider son socle actuel basé sur la zone européenne mais aussi développer d’autres expertises comme les fonds de performance absolue, les produits thématiques ou sectoriels et la gestion structurée. Un tel développement devrait ainsi permettre d’accroître les marges du groupe alors que la collecte sur les OPCVM de droit français (11,3 milliards d'euros depuis le début de l'année selon Europerformance) est réalisée à 90% sur du monétaire régulier, peu rémunérateur. «Il y a une dimension conjoncturelle très forte dans l’évolution de la collecte, reconnaît Pascal Voisin. Mais nous pensons être bien placés pour que la dynamique future reflète une collecte à la fois plus internationale et plus margée grâce, par exemple, à un retour sur les actions, aux produits de performance absolue ou au high yield dans la gestion de taux.»
Aucune piste ne sera négligée, pas même celle d’une acquisition. «La croissance externe fait partie des moyens à notre disposition. Nous souhaitons rester opportunistes tout en restant attentifs à ce qu’une éventuelle acquisition complète nos expertises et/ou notre spectre de clientèle», explique Pascal Voisin. Ce spectre de clientèle justement reste composé à près de 90% d’investisseurs institutionnels et d’entreprises (épargne salariale comprise). Approfondir l’accès aux fonds de multigestion, aux banques privées et développer la clientèle de CGPI ne sera donc pas un luxe. Quasi absente en distribution externe, Natixis AM espère désormais atteindre une part de marché de 4% à 5%.