National Australia Bank dispose de plus de temps pour mettre la main sur Axa Asia Pacific. En effet, l'accord exclusif relatif au projet d'acquisition de la filiale du français Axa par la banque australienne a été prolongé jusqu'au 15 juillet. L'objectif est ainsi de permettre à la NAB de se conformer aux exigences de l'autorité australienne de la concurrence (ACCC). L'établissement financier devrait ainsi modifier les termes de son offre pour notamment inclure des cessions d'actifs, susceptibles de conduire l'ACCC à approuver l'opération.
Au mois d'avril, l'ACCC avait mis son veto à la conclusion de l'offre de NAB sur l'assureur et gestionnaire de fortune Axa APH d'un montant de 14 milliards de dollars australiens (9,62 milliards d'euros). Le régulateur avait alors invoqué des risques pour le marché de la gestion de fortune. Selon lui, en l'état, l'opération était en mesure d'entraîner une réduction importante de la concurrence sur le marché des plateformes d'investissement de détail.
Pour obtenir le feu vert de l'autorité australienne, la NAB pourrait céder des plateformes de détail, comme Axa Asia Pacific's North. A en croire, le journal The Australian, la banque serait en discussions avec le gestionnaire de fortune IOOF Holdings et l'assureur Tower Australia. «Ils peuvent maintenant finaliser la vente d'actifs. Après quoi, il paraît peu probable que le régulateur soulève quelque chose qu'il n'aurait pas signalé dans sa décision initiale», a estimé Martin Duncan, analyste chez Arnhem Investment Management. La prolongation de l'accord d'exclusivité donne un avantage à NAB et notamment devant le gérant d'actifs AMP qui a également formulé une offre, validée, elle, par le régulateur.
Les investisseurs estiment toutefois que même si la NAB obtient l'accord de l'ACCC la voie n'est pas encore libre, dans la mesure où l'opération devra aussi être approuvée par le trésorier fédéral, de plus en plus inquiet de la concentration des opérations financières entre les mains des quatre plus grandes banques du pays. Des doutes ont d'ailleurs été émis ces derniers jours sur la stratégie d'Axa dans les pays émergents.
NAB n'a pas souhaité faire de commentaires, déclarant seulement qu'elle «continuait à travailler sur ses options relatives aux objections de l'ACCC».