Le dépeçage d'AIG se poursuit. A peine celle qui fut, avant la crise, la première compagnie d'assurance au monde a-t-elle trouvé un accord avec le britannique Prudential pour lui céder son activité asiatique (AIA) pour 35 milliards de dollars, qu'elle a annoncé hier la vente d'American Life Insurance (Alico) à MetLife pour 15,5 milliards (11,3 milliards d'euros). Celle-ci déboursera 6,8 milliards en numéraire et environ 8,7 milliards en titres divers: 3 milliards en actions, 2,7 milliards en convertibles, ainsi que des «unités de capital» (equity units) d'une valeur fixe de 3 milliards. Ainsi, AIG devrait se retrouver actionnaire de MetLife à hauteur de 20% environ.
Alico regroupe une grande partie des actifs d'assurance-vie d'AIG en dehors des Etats-Unis. Elle dispose également d'activités de prévoyance et d'assurance emprunteur, en France par exemple. Mais la «vieille Europe» n'intéresse pas tant MetLife, et Allianz, AXA, comme Generali n'ont pas à craindre outre mesure l'arrivée d'un nouveau concurrent de taille sur leur marché historique. Alico a réalisé 56% de son chiffre d'affaires 2008 (soit 18 milliards de dollars) au Japon, le deuxième marché mondial pour l'assurance vie.
Groupe mutualiste jusqu'en 2000, MetLife n'a entamé son internationalisation qu'en 2005. Aujourd'hui, il dispose de filiales en Chine, en Corée du Sud, au Chili et en Espagne. Mais les Etats-Unis et le Mexique (où il revendique la première place dans l'assurance-vie) représente encore la très grande majorité de ses revenus. Selon le communiqué, l'acquisition d'Alico lui permettra d'intégrer le top cinq en Europe centrale et orientale, au Moyen-Orient et en Amérique latine.
Cela dit, l'opération n'est pas sans risque. D'une part, MetLife deviendra très dépendante du marché japonais, pays fragilisé par l'importance de sa dette et la déflation. En outre, si Standard & Poor's reconnaît que la transaction devrait améliorer le profil du groupe à long terme, elle souligne que «le niveau de fonds propres de ses sociétés opérationnelles continuera probablement à reculer par rapport au niveau actuel déjà déficient».
En cumulant la cession d'AIA et celle d'Alico, AIG pourra rembourser 31,5 milliards sur les 182,3 milliards de dollars d'aides publiques reçus en 2008 et une partie des 9 milliards de dollars de titres préférentiels détenus par la Fed.