Linedata achève les migrations sur sa plate-forme d'épargne salariale

Avec NOEE, le spécialiste de l’informatique financière veut accroître la productivité de ses clients teneurs de comptes et son avance technologique.

Par Christophe Quester le 14/05/2009 pour L'AGEFI Hebdo

 
 


Notre objectif est de fédérer tous les grands acteurs de la tenue de comptes d'épargne salariale », déclare Thomas Hirsch, directeur communication et marketing de Linedata Services, opérateur de la plate-forme NOEE (Nouvelle Offre Epargne Entreprise). « Nous voulons créer un système de place pour la gestion administrative des comptes d'épargne salariale », insiste Thierry Maingé, directeur opérationnel épargne entreprise du groupe. Si l'éditeur spécialisé dans l'informatique financière ne manque pas d'arguments - sa clientèle couvre environ la moitié des 11,6 millions de comptes d'épargne salariale en France (selon le rapport de l'Association française de la gestion financière - AFG - au 31 décembre 2008) -, il reste encore du chemin à parcourir. Plusieurs acteurs d'importance demeurent, au premier rang desquels Natixis InterEpargne (un peu plus de 3 millions de comptes) et le Crédit Mutuel-CIC qui a fait plate-forme commune en 2008 avec Fongepar - filiale de Caceis (groupe Caisse d'Epargne) et de CNP Assurance - et Interexpansion (pour un total de près de 2 millions de comptes). La mutuelle SMABTP possède elle aussi sa propre plate-forme.

Mais au-delà de sa part de marché prépondérante, la plate-forme NOEE bénéficie d'une élaboration récente. « Développée il y a plus de quinze ans, notre plate-forme Oryal n'est plus adaptée d'un point de vue technique, détaille Thomas Hirsch. Il nous a fallu déployer de nouvelles technologies, notamment en termes de bases de données relationnelles (permettant de traiter de grandes quantités d'informations stockées dans des tables mises en relation) et appréhender le mode internet. » Cette réflexion, initiée en 2006, laissait à Linedata Services deux options : soit redévelopper entièrement une nouvelle plate-forme de tenue de comptes d'épargne salariale, soit racheter un produit existant. « Nous avons rencontré en 2006 des responsables du Crédit Lyonnais, juste après sa fusion avec le Crédit Agricole, qui avaient développé une toute nouvelle plate-forme, Pacteo, mise en production courant 2004 », relate Thierry Maingé. Si Oryal fonctionnait en « mainframe », une technologie destinée à gérer de gros systèmes, peu compatible avec une architecture ouverte, Pacteo utilise un système d'exploitation de type Unix beaucoup plus souple, et le langage de programmation Java particulièrement bien adapté pour les déploiements internet.


Application paramétrable

Confrontés à des clients toujours plus exigeants, mais peu enclins à participer aux coûts de développement correspondant aux niveaux d'exigences requis, les dirigeants de la banque verte arrivent à la conclusion que leur avance technologique ne durera qu'un temps. Ils décident de revendre Pacteo à Linedata Services dans le cadre d'une opération de cession originale : ce dernier pourra commercialiser la plate-forme auprès de ses clients existants, et reversera, pour les nouveaux, une partie des droits d'entrée pendant dix ans au Crédit Agricole. « Nous avons donc racheté Pacteo au groupe Crédit Agricole, puis l'avons adapté à nos clients existants, à savoir le GIE SEE assurant la tenue de compte d'épargne salariale pour Société Générale, HSBC, BNP Paribas et Axa », se souvient Thierry Maingé. Il a donc fallu transformer cette plate-forme, spécifiquement conçue pour le Crédit Agricole, en un progiciel, c'est-à-dire une application standardisée mais paramétrable suivant les besoins spécifiques de chaque client. « Fondamentalement, nous n'avons pas modifié les principes d'ergonomie de Pacteo, explique Thierry Maingé. Mais nous avons dû externaliser les données spécifiques du Crédit Agricole inscrites dans le code du programme pour les rendre paramétrables, et construire NOEE. »

Passer de Oryal à NOEE a pris du temps, plus d'un an, de janvier 2007 à juin 2008. Pourtant, la migration n'était pas très complexe, selon Thierry Maingé. « Nous connaissions la nature des données à migrer et le système cible. Il nous a fallu réaliser le ‘data mapping' (définition, au niveau du langage de programmation, des correspondances entre modèles de données, NDLR), puis écrire les programmes de migration. » Dernier client en date, le Crédit du Nord dont le transfert a duré neuf mois et s'est achevé en janvier 2009.

Une nécessaire mutualisation

Mais en parallèle de la migration des clients, il a fallu procéder aux évolutions fonctionnelles pour transformer Pacteo en progiciel et ajouter de nouvelles fonctionnalités qui faisaient défaut à Oryal. « Les opérations de migration ont représenté 4.000 jours/homme, les évolutions fonctionnelles plus de 15.000 jours/homme et la conduite du changement 2.000 », rapporte Thomas Hirsch. Les évolutions les plus importantes concernent deux portails internet. Le premier s'adresse aux entreprises qui peuvent désormais voir de manière globale ce qui est géré. Le second est réservé aux salariés qui peuvent directement consulter leur compte et réaliser des opérations comme des avis d'option, le déblocage des participations ou un rachat. « Toute opération donne lieu à un compte-rendu venant alimenter une comptabilité intégrée, ce qui n'était pas le cas sur Oryal, un levier significatif de productivité », précise-t-il. Autre nouveauté fonctionnelle d'importance, la gestion du carnet d'ordres : les opérations de souscription/rachat sont directement intégrées au système de gestion d'actifs.

Tous les établissements financiers teneurs de comptes d'épargne salariale sont à la recherche de gains de productivité pour abaisser leurs coûts. Ce n'est pas sur la partie administrative qu'ils vont faire la différence, mais sur leurs activités de gestion financière. C'est pourquoi les différents acteurs regroupent leurs forces et mutualisent leurs plates-formes techniques de tenue de comptes. Une mutualisation d'autant plus nécessaire que la réglementation évolue en permanence et très fréquemment. « Dernièrement, l'épargne salariale a été utilisée comme un levier pour relancer l'économie, ce qui implique des modifications, coûteuses, des plates-formes de gestion administrative », souligne Thomas Hirsch. Dernière initiative gouvernementale en date, le déblocage de la participation 2008 a demandé plus de 300 jours/homme de développement. Autant de ressources que n'ont pas à mobiliser les clients de sa plate-forme NOEE.

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