Alors que le sommet du G20 avait appelé les normalisateurs comptables internationaux à accorder les standards comptables sur une base mondiale, les PME ont du mal à trouver un intérêt à la standardisation de leurs normes comptables. C'est ce que montre une étude publiée par Grant Thornton.
Selon cette étude engagée suite à la consultation de la Commission européenne sur la mise en place des IFRS pour les PME dans les pays de l'Union, 53% des dirigeants de PME interrogés à travers le monde connaissent ou ont entendu parler des normes IFRS applicables aux petites et moyennes entreprises (PME). Ce sont les dirigeants européens les plus au fait, à 67%.
Si les grandes entreprises cotées ont totalement intégré l'intérêt du développement de la communication financière et y ont mis les moyens, ça n'est pas le cas des PME qui n'ont pas les mêmes besoins en termes d'informations comptables et financières, ni les mêmes structures de financement, et surtout, n'ont pas les mêmes moyens humains et techniques pour appliquer un nouveau référentiel.
En France, seule la moitié des dirigeants de PME connaissant les normes IFRS souhaiterait qu'elles soient appliquées, en ligne avec la moyenne des réponses des dirigeants mondiaux favorables à 52%. Andrew Watchman, directeur chez Grant Thornton, indique ainsi que «dans certains pays, la comptabilité est par exemple étroitement liée au système d'imposition. Cela signifie qu'un accord à l'échelle européenne sur les IFRS pour PME, sera très difficile à atteindre à court terme».
Emmanuelle Guyomard, directeur du département Doctrine comptable de Grant Thornton, ajoute que «dans les pays où le référentiel local permet de répondre aux besoins en matière de fiscalité et de publicité des comptes, le rapport coûts/avantages de l'introduction de la norme a été perçu comme défavorable. C'est le cas en France où la fiscalité est fortement connectée à la comptabilité et où le tissu industriel est majoritairement constitué d'entreprises de petite taille n'ayant pas besoin d'un référentiel comptable internationalement reconnu pour l'établissement de leurs comptes».
Elle précise que, si l'on fait abstraction des filiales de sociétés cotées, et si l'on parle d'une application de la norme dans les comptes consolidés uniquement, le nombre des sociétés potentiellement intéressées devrait être relativement peu important. En effet, environ 3500 groupes établissent aujourd'hui des comptes consolidés en France dont 800 sont déjà établis conformément aux normes IFRS.