Dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la réforme des retraites, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté hier un amendement déposé par plusieurs députés UMP. Il permettra d'alimenter automatiquement les Perco (plans d'épargne retraite collectifs) avec la participation aux résultats des entreprises, à hauteur de 50%, sauf si le salarié fait opposition. Les sommes versées au titre de l'intéressement ne sont en revanche pas concernées par le texte.
L'idée n'est pas nouvelle, puisque l'Association française de gestion (AFG) avait déjà fait des propositions dans ce sens début juin. Laure Delahousse, directrice épargne retraite de l'AFG, se félicite de cet amendement: «C'est une bonne mesure, qui rentre dans la logique de l'épargne salariale.»
L'amendement soutient qu'un tel dispositif permettra de «multiplier par quatre les flux versés annuellement sur un Perco». Un chiffre crédible pour Laure Delahousse, qui estime qu'avec «toutes les réflexions sur la réforme des retraites, la culture de l'épargne longue va se développer chez les gens, et particulièrement les jeunes».
Créés par la loi Fillon de 2003, les plans d'épargne retraite collectifs progressent lentement mais sûrement parmi les salariés et les entreprises. L'encours total géré dans les Perco s'élève à 3 milliards d'euros fin 2009, en hausse de 63% sur un an. Le produit pèse 2% de l'épargne retraite en France. 557.000 salariés ont déjà effectué un versement à ce jour, soit une progression de 26% par rapport à 2008, et près de 111.500 entreprises proposaient l'accès à ce véhicule d'épargne retraite à leurs salariés.