Les investisseurs restent prudents face à la croissance externe des entreprises

Selon une enquête du BCG, 79 % des investisseurs privilégient la croissance interne pour les entreprises ayant une trésorerie excédentaire

Par Yves-Marc Le Reour le 20/05/2011 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Le Boston Consulting Group (BCG) a mené au premier trimestre de cette année en Europe et aux Etats-Unis une enquête auprès de 111 investisseurs et analystes, gérant en montant cumulé près de mille milliards de dollars d'actifs répartis dans tous les grands secteurs d'activité et toutes les zones géographiques. Cette enquête, la troisième d'une série conduite par le cabinet de conseil depuis 2009, avait pour objectif de connaître les opinions des investisseurs sur l'environnement économique mondial et leurs attentes en matière de création de valeur par les entreprises.

Malgré un taux d'optimisme sur l'orientation des marchés boursiers passés en 2 ans de 15% à 53%, ces investisseurs privilégient les entreprises capables de présenter des plans à long terme crédibles en termes de création de valeur, ce qui passe par une allocation de capital optimisée par rapport à leurs projets de croissance.

Les investisseurs «privilégient la croissance organiques aux acquisitions», relève ainsi Jérôme Hervé, directeur associé senior au bureau de Paris du BCG. De fait, 79% des investisseurs interrogés préconisent «un investissement organique» pour utiliser la trésorerie excédentaire des entreprises, alors qu'ils ne sont que 42% à préférer «une opération stratégique de fusions et acquisitions». Ces opérations sont, selon eux, trop souvent «destructrices de valeur». Un gérant indique aimer «les acquisitions stratégiques réalisées à un prix raisonnable qui permettent d'améliorer la croissance organique et les marges», en déplorant toutefois le faible nombre d'opérations obéissant à ces critères.

En cas de croissance externe, 70% des investisseurs (contre 63% l'an dernier) préfèreraient que l'entreprise utilise l'endettement pour financer l'acquisition «si les marchés du crédit ne se détériorent pas», l'appel au marché recueillant une réponse positive de la part de 48% des personnes interrogées.

47% des répondants (contre 41% l'an dernier) estiment cependant que les entreprises «ne sont pas assez agressives pour tirer parti de l'environnement actuel» et qu'elles devraient miser davantage sur la R&D et les pays émergents afin de stimuler leur expansion. 45% d'entre eux considèrent qu'une croissance organique du chiffre d'affaires «d'au moins 10% par an» doit être atteinte pour qu'une entreprise entre dans le cercle des «valeurs de croissance».

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