Les discussions avec les créanciers privés sur la dette grecque subissent un coup d'arrêt

Suspendues depuis vendredi et jusqu'à mercredi, les négociations achoppent encore sur le coupon et la maturité des nouvelles obligations

Par Antoine Duroyon le 16/01/2012 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Jugé par le Premier ministre François Fillon encore «plus préoccupant» que les conséquences de la perte du triple A français, le blocage des négociations avec les créanciers de la Grèce ravive le spectre du défaut. Les discussions entre les créanciers privés et les représentants publics sont «suspendues pour réfléchir aux avantages d'une approche volontaire», a fait savoir vendredi l'Institute of International Finance (IIF). Le lobby basé à Washington a précisé que les propositions faites par un comité représentant les institutions financières n'ont pas abouti à «une réponse constructive et consolidée de l'ensemble des parties».
Plus de deux mois après un accord prévoyant une réduction de 50% de la valeur nominale des emprunts d'Etat détenus par les créanciers privés, la question du coupon et de la maturité des nouvelles obligations reste un casse-tête. Alors que certains acteurs privés, notamment des fonds d'arbitrage, ont jeté leur dévolu sur la dette grecque (lire l'Agefi du 13 janvier), le Fonds monétaire international défend sa cause. «Il est important que ces discussions mènent à un accord PSI (private sector involvement) qui, combiné aux efforts du secteur public, garantisse la soutenabilité de la dette», a affirmé le FMI dans un communiqué. Selon Le Figaro daté de samedi, le Fonds réclame un taux proche de seulement 2%, alors que les gouvernement européens penchaient pour un taux avoisinant les 4%.
Les pourparlers doivent reprendre mercredi avec l'IIF, a indiqué hier le ministre grec des Finances, Evangelos Vénizelos, l'objectif étant de pouvoir présenter les termes d'un accord lors d'une réunion de l'Eurogroupe le 23 janvier. «Nous voulons pouvoir annoncer publiquement entre le 6 et le 10 février la procédure pour le PSI», a-t-il expliqué. «Nous devrons ensuite attendre environ trois semaines pour obtenir la réponse des établissements prêteurs et nous réaliserons ensuite l'échange obligataire dans un cadre juridique inhabituel et sans précédent qui doit être formalisé d'ici là», a-t-il encore ajouté. Selon un porte-parole du gouvernement, Athènes n'aurait pas encore pris de décisions sur l'introduction éventuelle de clauses d'action collective. L'échéance ultime se situe le 20 mars avec une tombée obligataire de 14,5 milliards d'euros.

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