Un pas de géant pour le Crédit Agricole. Les 39 caisses régionales, dont l'informatique est encore éclatée entre cinq systèmes d'information régionaux (SIR), n'utiliseront plus qu'une seule plate-forme à l'horizon 2014. Les présidents des cinq communautés viennent de signer une lettre d'intention dans ce sens, a appris L'Agefi. L'information du personnel des différents SIR concernés – AMT, Atlantica, Comete, Exa et Synergie – débutera cette semaine.
La banque verte ne fusionnera pas les systèmes existants. Elle veut construire une plate-forme entièrement nouvelle, dont le coût est estimé à « plusieurs centaines de millions ». « Les modes de relations avec le client changent, il faut donc une architecture orientée client et non pas produit, comme aujourd'hui, pour gagner en agilité. C'est l'objectif numéro un », indique un proche du dossier à la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), le « Parlement » des caisses.
Le deuxième argument est d'ordre économique, même si les caisses n'ont pas à rougir de leur ratio de dépenses informatiques, en moyenne 7 % de leurs revenus. Le budget des SIR, où travaillent 2.500 informaticiens, atteint 640 millions d'euros par an. Des fusions de centres de production, une petite dizaine en France, sont à prévoir. En mutualisant les dépenses sur tous les aspects réglementaires, la banque verte espère aussi dégager des moyens pour des développements plus commerciaux. Des études d'impact vont être lancées, mais la lettre d'intention signée pose un principe de sauvegarde des emplois.
Enjeu de pouvoir des barons régionaux,l'informatique des caisses a longtemps été très fragmentée. En 1998, celles-ci travaillaient encore sur 32 systèmes différents. Un gros travail de rationalisation a été accompli, pour aboutir, en 2005, aux cinq SIR actuels. Mais les dirigeants de la FNCA jugeaient depuis qu'un système unique serait trop lourd à manoeuvrer pour un réseau pesant 25 % de la banque de détail en France.
Ce n'est qu'au congrès de la Fédération à Nice, en octobre dernier, que l'idée a été évoquée. « Il y a moins d'incertitude qu'il y a cinq ans sur le plan des normes technologiques », explique la même source en référence à l'environnement web. Sans compter que les autres groupes mutualistes, certes plus petits, n'utilisent déjà qu'un SI (Banques Populaires hors Bred, Caisses d'Epargne en 2010) ou deux (Crédit Mutuel).