Les banques se trouvent en position de faiblesse pour céder des actifs

La pression des régulateurs pour alléger les bilans et la multiplicité des programmes de cession favorisent les acquéreurs

Par Antoine Landrot le 25/01/2012 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Confrontées aux exigences de fonds propres et de liquidités des régulateurs internationaux, les banques, en particulier européennes, ont fait de la réduction de leurs bilans (deleveraging) l'une de leurs priorités pour l'année en cours. Or, celle-ci passe essentiellement par les cessions d'actifs. Mais le laps de temps réduit durant lequel ce processus se déroule provoque un afflux qui complique la tâche des vendeurs.
Les établissements doivent en effet atteindre le seuil de 9% de fonds propres durs core tier one à la fin du mois de juin 2012 selon les critères de Bâle 2.5, en attendant l'application de la règle des 9% imposée par Bâle 3 selon des critères encore plus restrictifs, à compter de 2013.
«Les banques réduisent la taille de leurs bilans de 2.000 milliards de dollars, un montant jamais vu. Les vendeurs se retrouvent dès lors sous pression. Ce phénomène nuit à l'effort de deleveraging», rappelait hier Eric Richard, responsable du secteur financier européen chez Credit Suisse, lors de la troisième édition du Future of Banking Summit à Paris. Ce d'autant plus que la cession d'actifs est restée pour les banques le seul moyen d'arriver à leurs fins, lever des fonds sur le marché se révélant un exercice périlleux.
Les transactions restent cela dit possibles et le marché n'est pas fermé, note Eric Richard. Ce dernier cite par exemple l'acquisition récente par Credit Suisse d'un portefeuille de créances immobilières résidentielles titrisées (RMBS) auprès de la Réserve fédérale (qui l'avait elle-même acheté en 2009 à l'assureur américain AIG, au bord de la faillite). Mais la décote est élevée: selon les rumeurs, la banque aurait déboursé un peu plus de 3 milliards de dollars pour ces actifs d'une valeur nominale de 7 milliards. En position de force, les candidats ne se pressent pas ou négocient de belles décotes – une tendance que confirment d'autres banquiers.

Les vendeurs bénéficient tout de même de la détente récente des marchés, visible depuis la décision de la BCE fin décembre d'alimenter le marché interbancaire à trois ans. «Aucun des investisseurs que j'ai rencontrés en septembre ne souhaitait se positionner sur le secteur bancaire européen. En décembre, beaucoup d'entre eux s'interrogeaient sur la manière d'y revenir», indique Eric Richard. Pour autant, estime-t-il, les banques ne devraient pas compter sur les appels au marché et relâcher leurs efforts de deleveraging.

Envoyer par mail
Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte
 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez-vous

 

S’abonner gratuitement aux newsletters

 
 
 
 
 
Partenaires
Ishares
CPR Asset Management Newsmanagers
 
Nomination précédente
Emmanuel Mussault Directeur Marketing Intelligence et communication
Lectra
Emmanuel Mussault
Directeur Marketing Intelligence et communication
Damien Pellissier Directeur de la ligne métier PME
Arval
Damien Pellissier
Directeur de la ligne métier PME
Jean-Loup Savigny Directeur général de la ligne métier PME d'Arval France
Arval
Jean-Loup Savigny
Directeur général de la ligne métier PME d'Arval France
Grégory Libre Directeur commercial et marketing d'Arval France
Arval
Grégory Libre
Directeur commercial et marketing d'Arval France
Raffaella Piscopo Consultant junior, Global Corporate Services
CBRE Global Investors
Raffaella Piscopo
Consultant junior, Global Corporate Services
Nomination suivante
 
 
 
 
 
 

 
 

Communautés

Derniers membres enregistrés