Les banques développant une activité de gestion privée en Suisse se mettent sur leurs gardes. Le groupe Credit Suisse a ainsi annoncé à ses clients, le 24 juin dernier, qu'il désirait être en mesure de transmettre leur identité aux autorités françaises. Une mesure qui concerne l'ensemble des clients détenteurs de titres ou instruments financiers français. De son côté, HSBC avait déjà mis en garde ses clients en septembre 2008 sur les risques liés aux titres étrangers, comme l'a annoncé le journal suisse Le Temps vendredi. « Il existe une forte demande pour les marchés émergents. Il est de notre devoir de prévenir nos clients d'un risque éventuel », a expliqué à L'Agefi un porte-parole de HSBC Private Banking, basé en Suisse.
Concrètement, HSBC demande à ses clients de remplir « une déclaration de renonciation au secret bancaire ». « Le principal objectif de ce document est d'obtenir l'approbation préalable du client afin qu'il renonce au secret bancaire suisse avant d'investir sur des marchés réglementés qui exigent la divulgation de son identité », indiquait HSBC dans la lettre adressée à ses clients. La liste établie par HSBC comprend 28 pays, parmi lesquels figurent la Chine, l'Argentine, le Liban, l'Inde, la Norvège, la Pologne ou encore le Portugal. La France n'est pour l'instant pas intégrée dans cette liste.
HSBC indique que la renonciation est obligatoire pour un gestionnaire indépendant de biens qui souhaite investir pour le compte d'un client dans l'un des pays listés, ayant mis en place un système de divulgation automatique et obligatoire. Par ailleurs, la renonciation est « fortement recommandée » pour les pays qui appliquent les règles de divulgation uniquement sur demande, à savoir l'Allemagne, la Croatie, l'Espagne, les Etats-Unis, le Maroc, le Pakistan, les Philippines, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Russie, Singapour et le Vietnam.
Pour plusieurs analystes, les initiatives de Credit Suisse et de HSBC visant à satisfaire les autorités de marché pourraient accroître les craintes des investisseurs à l'heure où le secret bancaire suisse a été critiqué par les Etats-Unis et l'Europe. « Cela peut être une façon de miner le système du secret », estime un analyste spécialisé sur le secteur bancaire.