Les banques n'en ont pas fini du nettoyage de leurs bilans, en Allemagne en particulier. Dans la dernière édition de son Rapport sur la Stabilité financière, la banque centrale allemande reconnaît que les institutions financières ont progressé en matière de nettoyage et de renforcement de leurs bilans mais elle estime qu'il reste beaucoup à faire. Les banques allemandes pourraient inscrire jusqu'à 90 milliards d'euros de dépréciations supplémentaires au cours de l'année à venir.
Selon les estimations de la banque centrale, les dépréciations pourraient atteindre, d'ici à la fin 2010, 10 à 15 milliards d'euros liés à l'exposition aux produits titrisés et 50 à 75 milliards pour les prêts, soit au total jusqu'à deux fois le montant global annoncé depuis le début de la crise. «La crise financière et la crise économique qui y est directement liée ne peuvent en aucune manière être considérées comme ayant été surmontées», a déclaré Hans-Helmut Kotz, membre du directoire de la Buba.
L'Allemagne a été l'un des pays les plus touchés par la crise du crédit: la deuxième banque du pays, Commerzbank et les groupes publics WestLB, HSH Nordbank, et BayernLB ont été contraints à de lourdes dépréciations qui ont conduit les pouvoirs publics à les recapitaliser. Et pourtant lundi Berlin a annoncé injecter encore jusqu'à 4 milliards d'euros dans WestLB. Hier la Commerzbank (lire page 13) a indiqué réfléchir à une augmentation de capital. Quant à la PostBank, première banque de dépôt allemande par la clientèle, elle réduira ses effectifs de 10% environ, soit 2.130 emplois. De petites banques régionales resteraient dépendantes du refinancement de la BCE.
La fédération bancaire allemande, la BdB, a averti il y a quelques jours que le premier semestre 2010 pourrait être marqué par de mauvais résultats pour le secteur, ce qui pourrait conduire à des révisions à la baisse des notes financières, qui amèneraient elles-mêmes les établissements concernés à durcir l'octroi de crédit. La Bundesbank appelle les banques commerciales à tirer parti de l'augmentation actuelle de leurs revenus pour augmenter leurs provisions et leurs réserves. Son président a exhorté notamment les Landesbanken à saisir l'offre du fonds fédéral d'aide au secteur bancaire (Soffin), afin de renforcer rapidement leurs fonds propres pour mieux se consacrer à l'allocation du crédit aux entreprises.