Dans le cadre de l'installation la semaine passée de la Conférence nationale de l'industrie (CNI), Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, et Christian Estrosi, ministre chargé de l'Industrie, n'ont pas manqué d'évoquer la «mobilisation d'une partie de l'épargne salariale» au bénéfice du financement de l'industrie.
Les états généraux de l'industrie, clos en mars dernier au travers de 23 mesures décidées par le président de la République, avaient effectivement mis en lumière le manque de soutien apporté par l'épargne en France à l'investissement productif.
«Dans un contexte de début de reprise de l'activité industrielle», comme le soulignent les ministres, la CNI devra engager dès à présent, et jusque fin septembre, une concertation visant à mettre à contribution dès l'an prochain le Plan d'épargne entreprise (PEE) et le Plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco) pour dynamiser le financement tant des entreprises industrielles non cotées que des PME ou des entreprises de taille intermédiaire (ETI) cotées.
Le souhait du gouvernement est de parvenir à l'obligation pour toute entreprise déployant un dispositif d'épargne salariale de proposer à ses salariés la «possibilité» de consacrer «une part de leur intéressement et de leur participation» à des fonds dédiés. Des modifications pourraient ainsi être proposées le cas échéant au projet de loi sur la régulation financière. Un texte qui vise en effet à «améliorer le financement de l'économie pour accélérer la reprise», dans le sillage des décisions du G20 de Pittsburgh.
Et pas de doute aux yeux des ministres, «l'épargne salariale offrirait ainsi la possibilité aux salariés de soutenir efficacement» le financement industriel. Ils rappellent que l'épargne visée concerne 12 millions de bénéficiaires et plus de 2 milliards d'euros de collecte par an, pour des actifs gérés de près de 80 milliards.
«Nous regardons la possibilité de mettre en place d'autres instruments dans un deuxième temps» a avancé Christine Lagarde, citée par Les Echos, en référence notamment à une éventuelle mise à contribution de l'encours de près de 1.300 milliards d'euros de l'assurance vie, le quotidien soulignant toutefois la barrière des contraintes de Solvabilité 2 pour les assureurs. Interrogé sur ce point par Le Figaro, le ministre de l'industrie a de son côté promis de «(se) positionner sur le sujet dès cet automne».