Le plan de 700 milliards de dollars (Tarp) destiné au sauvetage des banques n'a rien d'automatique. Le Trésor américain a annoncé dans une note vendredi que les sauvetages d'établissements financiers similaires à celui consenti pour le géant Citigroup seraient envisagés au cas par cas et "sans date butoir".
Les conditions assorties supposent, comme pour les entreprises déjà sauvées, de limiter la rémunération des dirigeants, et de s'assurer qu'ils prennent des mesures visant la viabilité à long terme de leur entreprise. On peut lire aussi dans cette note que "le Trésor peut investir dans tout instrument financier, dont des dettes, des actions, ou des bons pour des actions (warrants) que le secrétaire au Trésor considère comme un actif à problème, après avoir consulté le président de la Réserve fédérale et l'avoir notifié au Congrès". Mais surtout, il est précisé que les institutions financières concernées seront, entre autres critères, celles "suffisamment importantes pour le système économique et financier national pour qu'une perte de confiance dans sa position financière ait le potentiel de provoquer des perturbations majeures sur les marchés du crédit" et "affaiblir la performance économique globale". Selon les indications données vendredi, le Trésor prévoit donc d'investir de façon ciblée et d'accorder sa garantie aux établissements financiers considérés comme "importants d'un point de vue systémique".
"Cela confirme la doctrine du 'trop gros pour faire faillite' actuellement en vigueur", estime Gilbert Schwartz, associé chez Schwartz & Ballen à Washington et ancien juriste à la Réserve fédérale. De ce fait, les banques de taille moyenne ne seront sans doute pas éligible au Tarp selon lui. "Plus gros sera l'établissement, plus la probabilité de recevoir de l'aide sera forte", estime-t-il.
Mercredi dans une première note sur l'automobile, le Trésor indiquait aussi que son intervention sera également décidée "au cas par cas". Chrysler a annoncé vendredi avoir reçu un prêt initial d'urgence de quatre milliards de dollars de la part de l'Etat fédéral. L'actionnaire majoritaire du constructeur, Cerberus Capital Management, a indiqué à Chrysler que les discussions se poursuivaient entre le département américain du Trésor et Chrysler Financial, la société de crédit du groupe.