Le sommet de Pittsburgh dicte le tempo et l'ampleur de la réforme financière

Sur de nombreux points, comme les fonds propres ou les dérivés, le communiqué final épouse les thèses américaines

Par Alexandre Garabedian le 28/09/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

L'hôte du G20 a de quoi être satisfait. Si le sommet de Pittsburgh peut légitimement prêter le flanc à la critique sur bien des sujets, il a tout de même accouché d'un calendrier détaillé sur la réforme de la finance mondiale. Surtout, les pistes tracées épousent à peu de choses près les thèses défendues avant le G20 par les Etats-Unis.

Alors que les politiques européens se sont focalisés sur la question des bonus, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, avait poussé ses pions sur le renforcement des exigences en fonds propres des banques. Tout le monde juge nécessaire un relèvement des contraintes en capital, mais beaucoup, en Europe, soupçonnent les Etats-Unis d'en faire un instrument à l'avantage des banques américaines. La mise en place de nouvelles règles d'ici à fin 2012, l'horizon avancé par Tim Geithner, est l'un des points saillants du sommet.

Deux autres points connexes suscitaient quelques craintes côté européen, et notamment à la Fédération bancaire française (FBF). Le premier, la création d'un ratio de levier inclus dans le Pilier 1 de Bâle 2 et ayant donc force de «loi», a été retenu dans le communiqué final. Le second - la mise en place d'exigences additionnelles pour les institutions systémiques – aussi. Sur ce dernier sujet, le Conseil de stabilité financière devra proposer des règles fin octobre 2010.

Le G20 semble en revanche plus en retrait sur la réforme des marchés. Les dérivés de gré à gré devront être traités et compensés sur des marchés réglementés d'ici à fin 2012. Mais l'exigence s'applique seulement aux produits standardisés, ce qui rappelle la réforme proposée aux Etats-Unis par Tim Geithner. Les avancées sur la gestion d'une faillite bancaire transfrontière par différentes autorités sont renvoyées à octobre 2010 – le Comité de Bâle consulte déjà sur la question. Pour limiter la spéculation sur l'énergie, le G20 s'en remet à l'OICV. Il prône davantage de transparence sur les positions des traders, mais n'évoque pas de limites. La réforme des agences de notation, elle, est une affaire déjà classée.

Enfin, si la convergence des normes comptables européennes (IASB) et américaines (FASB) est souhaitée pour juin 2011, ce point n'occupe que quatre lignes dans le vaste communiqué final. Le dossier était sans doute moins vendeur que les bonus dans l'opinion.

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