Le Royaume-Uni s'en remet aux banques pour placer sa dette

Pour la première fois depuis 2005, le DMO, l'agence de la dette britannique, devrait placer aujourd'hui par syndication une dette à 25 ans

Par Tan Le Quang le 16/06/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Placer de la dette dans le contexte d'émissions records d'emprunts publics et de capacité d'absorption limitée des marchés constitue un défi pour les Etats. C'est le cas du Royaume-Uni qui doit vendre aujourd'hui par syndication, si les conditions de marché le permettent, une nouvelle ligne obligataire à 25 ans. « La fourchette indicative évoquée est entre 3 et 5 milliards de livres », a déclaré hier un porte parole du DMO (Debt Management Office), l'agence de la dette britannique.

Comme annoncé le 9 juin, l'émission sera celle d'un Gilt d'échéance 7 septembre 2034 et de coupon 4,50 %. Barclays Capital, Goldman Sachs, HSBC et RBS assureront la tenue du carnet d'ordres. Les teneurs de marché de Gilts, eux, ont été invités à devenir cochefs de file. Il s'agit de la première syndication de dette britannique depuis 2005. 

« Compte tenu de l'environnement actuellement volatil, la syndication permet au Royaume-Uni, dont les besoins de financement se sont accrus, de placer sa dette pour une taille unitaire plus importante qu'avec une adjudication et d'avoir une meilleure maîtrise du risque d'exécution,
explique Frédéric Gabizon, responsable Debt Capital Markets chez HSBC France. Les difficultés rencontrées lors de la précédente adjudication à 40 ans et le risque de dégradation de la note de crédit du pays sont des éléments de motivation supplémentaires pour le recours à cette méthode de placement ». 

Le programme d'émissions du DMO, relevé à 220 milliards de livres, sera effectué à 11 % par syndication, contre 83 % par adjudication et 6 % par mini-offres. Cette méthode est plus appropriée aux émissions longues par nature plus risquées que les courtes. Le dialogue accru entre investisseurs finaux et émetteurs souverains permet de préparer au mieux le placement et d'accroître les chances d'une meilleure tenue des prix sur le marché secondaire que dans le cas d'adjudications. 

« Il y a un intérêt accru pour les émissions longues de la part des investisseurs à la recherche de rendement et de duration, explique un banquier. Surtout, presque tout le monde fait de la syndication, mais à des rythmes différents ». Alors que l'Autriche prévoit une émission par syndication à 15 ans, la Grèce et l'Espagne ont récemment émis par syndication 7 et 8 milliards d'euros de dettes de maturité 2019. Des émissions syndiquées de la Belgique et de l'Irlande sont aussi attendues cette année.

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