L'autorité belge des télécoms (IBPT) vient de rendre un avis potentiellement important pour le secteur en Europe. Elle concerne les tarifs des terminaisons d'appels mobiles, ces redevances que se facturent mutuellement les opérateurs pour acheminer l'appel d'un abonné sur le réseau du destinataire. Cette terminaison, qui représente un coût pour tous les appels sortants d'un opérateur, génère pour tout appel entrant des revenus «compris en moyenne entre 12 à 15% du chiffre d'affaires réseau d'un opérateur», selon le bureau d'analyse de Raymond James.
Or le régulateur belge vient d'annoncer une proposition de réduction bien plus forte que prévu de ces tarifs, de l'ordre de 90% sur la période 2010-2013, avec une réduction de 45% dès juillet prochain. «Nous attendions une baisse bien moins agressive de 20% pour 2010», commentent à ce propos les analystes d'ING. Ils devraient donc passer largement en dessous de 5 centimes d'euro outre-Quiévrain dès 2011, à comparer à un niveau de 2 centimes en Autriche ou 3 centimes en France ou au Portugal à cette échéance. Les intéressés ont jusqu'au 12 mars pour réagir à ces propositions.
Destinés à converger vers les «coûts incrémentaux de long terme» des opérateurs, ces tarifs respectaient en outre jusqu'ici une asymétrie entre les concurrents pour pallier les déséquilibres de leurs trafics d'interconnexion; cette période de transition sera également révolue à partir de 2013 en Belgique avec un niveau commun de 1,07 centime pour Proximus (Belgacom), Mobistar (France Telecom) et Base (KPN); avec seulement 20% du marché belge, la filiale du groupe néerlandais bénéficiait de la plus importante asymétrie en sa faveur.
Compte tenu du mouvement d'harmonisation des tarifs dans l'Union européenne, cette annonce devrait conduire à une accélération du mouvement de baisse dans les autres pays de la zone. Un repli moyen de 75% des tarifs de terminaisons mobiles d'ici à 2015 «induirait un impact mécanique négatif au minimum de 8%-10% sur le chiffre d'affaires des opérateurs mobiles», estime-t-on chez Raymond James.
En raison de la structure de leur marché, «le risque de baisse est particulièrement important pour la Grèce et les Pays-Bas», ajoutent les analystes de Citigroup Global Markets. Mobistar et Belgacom ont cédé hier respectivement 6,4% et 2,3% à Bruxelles tandis que KPN a perdu 1,8% à Amsterdam.