La confirmation cette semaine de la fusion entre Xstrata et Glencore dans le secteur minier (voir tableau) a réveillé un marché des fusions et acquisitions terne depuis plusieurs mois. Mais si la détérioration des conditions de financement a un effet négatif sur le rythme des transactions en Europe, une étude récemment publiée par Cheuvreux (groupe Crédit Agricole) souligne le potentiel que représentent les excédents de trésorerie des sociétés du Vieux Continent. Celles-ci devraient dégager à l'horizon 2013 un cash-flow libre cumulé de 350 milliards d'euros contre 200 milliards en 2011, avec «une contribution particulièrement importante des secteurs pétrolier et pharmaceutique».
Compte tenu de la crise, ceci entraînera une poursuite du mouvement de désendettement visible depuis trois ans (voir graphique). Mais certains groupes, traditionnellement généreux dans leur politique de rachat d'actions ou de distribution de dividendes, pourraient devenir plus offensifs au cours des prochains mois dans leur croissance externe. Le courtier cite AstraZeneca, Diageo, Nestlé, Swatch, Total ainsi que plusieurs entreprises allemandes (BASF, BMW, Siemens, Volkswagen). Des cessions d'actifs sont à attendre de la part de sociétés comme Accor, Coloplast, Daimler, Ericsson, RWE, Siemens, Thales ou ThyssenKrupp.
Tablant sur une multiplication des opérations de taille moyenne préservant la structure de bilan des acquéreurs, l'étude souligne que le repli de la monnaie unique a rendu les sociétés européennes plus attrayantes aux yeux d'acquéreurs étrangers. Disposant de plus de 1.300 milliards d'euros de cash, les sociétés non financières américaines «pourraient racheter tout le flottant des sociétés composant l'indice Eurostoxx 50», calcule le courtier.