Le changement de gouvernance en cours chez Axa soulève une nouvelle fois la pertinence de la structure à directoire et conseil de surveillance par rapport au seul conseil d'administration. «Mieux vaut un bon conseil d'administration qu'un mauvais conseil de surveillance, estime Fabrice Rémon, associé chez Deminor. En effet, un administrateur est plus impliqué qu'un membre du conseil de surveillance, souvent plus distant».
Au-delà de cette différence de régime juridique, «nous n'avons pas de préférence pour une forme particulière de gouvernance, mais nous vérifions que l'orthodoxie de la gouvernance financière est respectée avec une séparation – formelle et de fait – de l'opérationnel et du contrôle, explique un analyste ISR. Nous acceptons une concentration des pouvoirs pendant une période intermédiaire dans des cas bien spécifiques (fusions entre égaux, entreprises en difficulté...), ce qui n'est pas le cas d'Axa».
De fait, «avec la crise économique, les grandes structures ont eu tendance à regrouper les fonctions de président et de directeur général pour faciliter les prises de décisions», indique Sébastien Marquet, analyste chez Ethifinance. Ce bureau d'analyse ne distingue pas non plus le type de gouvernance utilisé, mais regarde si les fonctions de contrôle et de gestion sont dissociées. «Toutefois, dans l'analyse globale de la gouvernance d'une entreprise, ce critère est loin d'être décisif», conclut Sébastien Marquet
«Si en général une séparation des pouvoirs est préférable au sein de l'entreprise, il importe en premier lieu que les administrateurs soient à même de "challenger" la présidence, poursuit Fabrice Rémon. Et nous pensons que c'est déjà la réalité dans certaines sociétés.»
Depuis le début des années 2000, la gouvernance des moyennes comme des grandes entreprises cotées «s'améliore structurellement en France, précise un spécialiste de la gouvernance. Toutefois, à contre-courant, depuis le début l'année, l'évolution des gouvernances d'Accor, de Carrefour, de Veolia, et maintenant d'Axa, marquent une inflexion négative». Si d'aucuns se félicitent de la nomination de Henri Proglio à la tête d'EDF, «il ne nous paraît pas souhaitable qu'il puisse potentiellement occuper la présidence du conseil de surveillance de Veolia, ne serait-ce que pour de simples questions de temps et de potentiels conflits d'intérêts», poursuit cet expert.