Le Panel Taux, à l'approche de la prochaine réunion de la BCE jeudi prochain, s'attend à ce que son président, Mario Draghi (photo), poursuive prudemment le mouvement de baisse des taux entamé il y a un mois. Presque tous les sondés parient sur un refi à 1% dans les trois mois à venir. Seul Dexia AM, pense qu'il sera maintenu à son niveau actuel de 1,25% à cet horizon. En plus d'une baisse des taux, les analystes espèrent que l'institution prendra une série de mesures en faveur du financement des banques.
A six mois, la prévision moyenne pour le taux de refi reste à 1%. Mais les panélistes d'Amundi, de BNP Paribas, de Robeco Gestions et de Swiss Life AM estiment que le successeur de Jean-Claude Trichet ira plus loin en abaissant le taux directeur à 0,75%.
Les économistes d'Aurel BGC, qui prévoyaient encore un taux à six mois à 1% en novembre, ont revu leurs prévisions à 0,50%, tout comme ceux de Barclays Capital.
Même si la Banque centrale européenne a déjà décidé avec six autres banques centrales de baisser le coût du guichet en dollar, les panélistes s'attendent à des annonces supplémentaires. Car l'institution de Francfort pourrait revoir ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2012 à la baisse. Selon les analystes de la Société Générale, la prévision d'inflation pourrait être inférieure à 2% alors que la cible de la BCE est «inférieure mais proche de 2%».
De quoi pousser la banque à prendre de nouvelles mesures non conventionnelles. Elle pourrait proposer aux banques des refinancements à 2 ou 3 ans, contre 13 mois maximum aujourd'hui.
Mais «il n'est pas certain qu'elles soient prêtes à immobiliser du collatéral aussi longtemps», soulignent les analystes de la Société Générale. A plus long terme, ils estiment que la banque pourrait aussi arrêter de stériliser ses rachats de dette, ce qui reviendrait à créer de la monnaie.
Les analystes de BNP Paribas CIB évoquent un accroissement du Securities Markets Programme (SMP). Il pourrait représenter entre 500 à 600 milliards d'euros d'actifs en plus des quelque 203 milliards de dette souveraine déjà achetés depuis 2010.
Néanmoins, devant les eurodéputés jeudi, Mario Draghi, a fait valoir que le SMP n'était «ni éternel, ni illimité». Il a également insisté sur la crédibilité et la coordination budgétaire au sein de la zone. Le président de la BCE attendra donc d'abord que les dirigeants européens prennent des engagements en ce sens lors du sommet de vendredi.
Les analystes de Barclays Capital soulignent que Mario Draghi s'est plaint jeudi «du manque de collatéral éligible» au refinancement BCE. Ils y voient une ouverture vers un assouplissement des règles en la matière. Selon eux, la BCE pourrait accepter des créances privées non sécurisées pour des opérations de refinancement à très long terme et reporter le durcissement de sa politique pour les RMBS et ABS.
Barclays Capital prévoit aussi un resserrement du corridor des facilités permanentes à 50 pb contre 75 actuellement. Le taux de la facilité de dépôt serait ramené à 0,25%. Une manière de dissuader les banques de déposer leur argent auprès de la Banque centrale plutôt que de prêter.
Côté changes, le panel attend une légère baisse de l'euro contre le dollar, à 1,33 à trois mois et 1,32 à six mois.