Après une année noire pour les Bourses de la zone euro (-16,95% pour le CAC 40, -14,69% pour le Dax 30 et -17,05% pour l'EuroStoxx 50), les membres du Panel Actions font preuve d'un optimisme très modéré pour 2012. Les gestions anticipent seulement un rebond de 11% de l'EuroStoxx 50 et de 12% de l'indice parisien cette année, autour de 3.500 points. Un niveau encore très loin des 6.000 points de la mi-2007 ! D'autant que pour le deuxième mois consécutif, les panélistes révisent à la baisse leurs prévisions.
Comme en décembre, les gestions ont abaissé de près de 2% leurs prévisions à un an sur le CAC 40 et sur l'EuroStoxx 50. La Banque Postale AM et Olympia ont effectué des révisions particulièrement violentes : -150 points à 3.500 pour le premier et -375 points à 3.100 pour le second sur le CAC 40 à un an. Les plus pessimistes (Cholet Dupont et Olympia) anticipent une stagnation, voire un léger recul du CAC 40 et de l'EuroStoxx 50. Les plus optimistes demeurent Lazard et Aurel BGC, tablant sur un rebond de 27% de la place parisienne et de 26% de l'indice paneuropéen.
En attendant, il aurait mieux valu parier sur la Bourse américaine l'an dernier. Le S&P 500 a clôturé 2011 sur une très légère hausse, après avoir déjà nettement surperformé les Places européennes en 2010 (+12,8% contre -3,3% pour le CAC 40). Le Panel mise sur une hausse des actions américaines limitée à 7% cette année. Néanmoins, les gestions semblent particulièrement confiantes, la moitié d'entre elles venant de relever leurs prévisions à un an. Aberdeen, Assya, Aurel, CM-CIC, Lazard et Raymond James croient à un rebond de 12% à 15%. Néanmoins, Olympia, Robeco et Credit Suisse tablent sur une stagnation cette année, tandis que Cholet Dupont anticipe même une baisse de 13%.
Ce bilan de début d'année donne également l'occasion d'analyser la sagacité des membres du Panel Actions. Un constat difficile, nul n'ayant prévu l'ampleur de la crise des dettes souveraines, sans parler du séisme au Japon. Ainsi, début 2011 le Panel espérait un CAC 40 à 4.300 points un an plus tard, soit 1.160 points plus haut que le réalisé. Tous étaient au-dessus de 4.000, jusqu'à 4.600 pour Lazard. Même constat sur l'EuroStoxx, où les gestions tablaient sur un minimum de 3.000 points. Un bureau et un seul, Robeco, a su anticiper un S&P 500 à 1.250 points, tous les autres panélistes visant plus de 1.300 points. En revanche, début juillet 2011, aucune prévision à six mois, ne correspondait à la clôture des indices vendredi dernier. Même Robeco avait fait preuve de plus d'optimisme avec un S&P 500 à 1.400 points.