Après une année 2009 pauvre en opérations de fusions-acquisitions, la reprise des grandes manoeuvres, tant attendue en 2010, se confirme. Le norvégien Yara International a annoncé hier le lancement d'une offre sur l'américain Terra Industries, une opération de taille pour l"industrie des engrais et la plus importante d'une entreprise de Norvège à l'étranger.
L'offre, en numéraire, du numéro un mondial des engrais minéraux valorise son concurrent américain à 4,1 milliards de dollars (3 milliards d'euros). A 41,10 dollars par action, la proposition représente une prime de 23,6% par rapport au cours de clôture de Terra vendredi. Yara paie ainsi 7 fois l'Ebitda de Terra avant synergies et 5,9 fois après synergies.
Le groupe financera l'opération via notamment une émission de titres comprise entre «2 et 2,5 milliards de dollars». L'Etat norvégien, premier actionnaire du groupe avec une participation de 36,21%, a d'ores et déjà fait savoir qu'il souscrira à l'opération.
L'opération est amicale. «La transaction a été approuvée à l'unanimité par le conseil de Yara et par celui de Terra». Un mois auparavant, la cible avait repoussé les avances de son compatriote CF Industries, contraint de retirer son offre hostile mi-janvier après un an. Le prix proposé par l'américain était pourtant plus élevé. Par action, CF Industries offrait un prix de 36,75 dollars en numéraire et 0,1034 en action. Depuis, ce dernier est lui-même visé par une offre du canadien Agrium.
Mais Terra Industries privilégie les atouts industriels d'une union avec Yara International, des avantages qu'il a déjà pu expérimenter suite à la création d'une coentreprise avec Yara en 2007.
De son côté, le norvégien indique que la transaction lui permettra de porter sa part de marché à 30% aux Etats-Unis et à 8% au niveau mondial. Les deux groupes «disposent d'implantations géographiques complémentaires». Ainsi, «les ammoniaques de Terra et son système de distribution de fertilisants aux Etats-Unis seront associés aux capacités de production du premier producteur et distributeur de fertilisants et ammoniaques», a souligné le directeur général de Yara, Joergen Ole Haslestad. Par ailleurs, l'opération pourrait générer des synergies de coûts de 60 millions de dollars, moins d'une année après le bouclage de l'opération, selon Yara.