Le marché rappelle les limites d'Atos en matière d'acquisition

Les analystes ont estimé hier qu’un groupe de la taille de RBS WorldPay serait une proie un peu grosse pour le français

Par Olivier Decarre le 18/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Une baisse de 2,15%. C'est ce qu'ont coûté hier à Atos les spéculations sur un éventuel rachat de RBS WorldPay, filiale de la banque britannique spécialisée dans les paiements. Selon Le Figaro, le français étudierait ce dossier estimé entre 2 milliards et 2,5 milliards d'euros. Des informations auxquelles a réagi l'entreprise.

Comme nombre de groupes pouvant être intéressés par le dossier, Atos a simplement reçu un mémo de la part du vendeur, selon un porte-parole. Bref, «aucune négociation n'a été engagée» et «aucun contact n'a été pris».

En tout cas, si une telle opération cadrerait parfaitement avec la stratégie du groupe visant à développer sa partie paiements (la plus rentable), ces rumeurs ont donné l'occasion aux analystes de rappeler les limites d'Atos en matière d'acquisition. Car comme le souligne Aurel BGC, «le groupe ne dispose pas des ressources pour lancer une telle opération», bien qu'il affiche un bilan allégé avec 138 millions de dette pour 1,65 milliard de capitaux propres.

D'après Oddo Securities, «Atos dispose d'une capacité financière d'environ 1 milliard d'euros: environ 800 millions de tirage permanent sur une ligne de 1,2 milliard plus le produit de l'Oceane de 250 millions». Sur ces bases, ajoute CM-CIC, «il resterait donc à trouver 1 à 1,5 milliard d'euros» pour financer une acquisition de la taille de RBS WorldPay.

Il ne fait donc pas de doute pour Oddo que le groupe de Thierry Breton «aurait besoin de faire appel au marché». Se poserait alors la question de la position de PAI (actionnaire à 22,6%) et plus largement celle de la dilution du capital, sachant qu'Atos pèse en Bourse 2,5 milliards d'euros.

Une rapide simulation sur la base d'une opération avec maintien du droit préférentiel de souscription permet d'en mesurer l'ampleur. En retenant une décote sur cours ex-droit de 20%, permettant de couvrir la volatilité actuelle du marché, une augmentation de capital de 1 milliard se traduirait par une dilution de 35%, selon nos calculs. La dilution réelle (pour un actionnaire réalisant une opération blanche) serait quant à elle voisine de 28%. Pour une levée de 1,5 milliard, la dilution brute dépasserait les 44% tandis que la dilution réelle grimperait à plus de 35%.

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