Les entreprises américaines n'hésitent pas à sortir les investisseurs de leur torpeur estivale. Traditionnellement à l'arrêt, le marché obligataire connaît une activité soutenue outre-Atlantique à travers un record d'émissions à haut rendement Depuis le 1er aout, le high yield américain a enregistré selon Dealogic, un volume d'activité de 15 milliards de dollars à travers 28 émissions. Les deux premières semaines d'août se hissent ainsi étonnement sur le podium des débuts de mois les plus actifs jamais enregistrés.
Rien que depuis le début de la semaine, 7,9 milliards de dollars ont été émis, soit le plus gros volume hebdomadaire depuis avril, alors même que la semaine n'est pas finie et que plusieurs milliards de dollars sont encore dans les tuyaux. Dans les transactions récentes, Ally Financial a placé 1,8 milliard de dollars, Goodyear 900 millions et Chesapeake Energy, 2 milliards. PetroQuest et MultiPlan cherchent quant à eux à placer chacun 150 et 675 millions de titres. Toys “R” Us de son côté sonde les marchés pour refinancer une dette à hauteur de 1 milliard de dollars.
Le dynamisme d'août tire naturellement les volumes du high yield américain au cumul de l'année, après un printemps décevant. Selon Dealogic, les volumes d'émission sont en hausse de 77 % sur un an, à un record de 148 milliards de dollars. Les volumes mondiaux en profitent. Les émissions globales de dette de catégorie spéculative atteignent un record sur un an en août à 210 milliards de dollars en hausse de 64% sur 2009. L'activité estivale du marché américain lui donne parallèlement une place de plus en plus prééminante dans le high yield mondial. 70% des transactions sont aujourd'hui réalisées sur le territoire américain, contre 65% l'an dernier.
Beaucoup d'investisseurs inquiets de la situation européenne semblent avoir attendu un contexte plus serein, mai et juin ayant été des mois particulièrement calmes. Légèrement décalés par rapport au marché de crédit européen qui a connu un regain d'activité en juin/juillet, les émetteurs high yield américains semblent toujours trouver des investisseurs. Pourtant le marché reste tendu, face à des indicateurs économiques décevants et une reprise plus faible que prévu. Les indices mesurant les CDS sont, d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique, à la hausse depuis trois semaines. L'euphorie actuelle pourrait donc être de courte durée.