La chaîne d'hôtel B&B change une nouvelle fois de main. Après un premier LBO réalisé en 2003 par Duke Street Capital, puis un deuxième en 2005 emmené par Eurazeo (avec 72% du capital) aux côtés de Montefiore Investment (Montefiore), Carlyle, après une période de négociations exclusives entamée fin juillet, prend le contrôle du groupe avec une participation de quelque 80%. Montefiore, qui détenait un peu moins de 9% de B&B, réinvestit pour l'occasion et prend une participation de 15% aux côtés du management.
Le financement intègre un endettement de 180 millions d'euros, constitué exclusivement de dette senior apportée par un pool bancaire. Les chefs de file de ce consortium sont les banques Natixis et HSBC, qui étaient présentes lors du précédent LBO et qui sont rejointes par BNP Paribas. La dette s'accompagne d'un apport de 340 millions d'euros de fonds propres, dont 50 millions d'euros venant de Montefiore.
Par la suite, «un réinvestissement compris entre 20 et 50 millions d'euros est envisageable», explique à L'Agefi Eric Bismuth, président de Montefiore, qui précise avoir réalisé deux fois la mise sur le précédent LBO sur B&B. Début septembre, Eurazeo avait également indiqué prévoir de multiplier par deux sa mise initiale sur B&B avec un TRI de 22% et anticiper une plus-value de 184 millions d'euros.
Des lignes de financement d'un montant de 100 millions d'euros (30 millions de lignes d'acquisitions et 70 millions de lignes immobilières distinctes) ont par ailleurs été négociées.
Le LBO réalisé par Montefiore et Carlyle valorise B&B à 485 millions d'euros. Alors que la dette et les fonds propres apportés s'élèvent à 520 millions, «une partie de cash reste dans l'entreprise pour financer sa croissance», explique Eric Bismuth.
L'objectif pour B&B «est d'ouvrir une centaine d'hôtels d'ici cinq ans environ. Notre ambition est de poursuivre le développement du groupe en France (180 hôtels actuellement, ndlr), d'en faire une enseigne nationale forte en Allemagne (plus de 30 hôtels) et de l'ouvrir à l'Italie (5 hôtels depuis fin 2009) et à la Pologne (un hôtel ouvert début 2010)», poursuit Eric Bismuth.
L'ouverture de nouveaux hôtels pourra être réalisée «via la structure de financement mise en place, mais également grâce à des financements tiers, avec des partenaires immobiliers qui détiendront les murs où B&B sera locataire», indique Eric Bismuth.