Les interrogations sur l'avenir du Crédit Foncier au sein du groupe BPCE (organe chapeautant les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne) étaient nombreuses en début d'année. La présentation, vendredi, des résultats de la filiale de prêts immobiliers a levé quelques doutes.
D'abord les comptes affichent une stabilité rassurante dans le contexte de crise. Hors éléments intragroupe, la filiale de BPCE affiche un bénéfice net stable de 220 millions d'euros et un résultat avant impôt en hausse de 13% à 334 millions. Le produit net bancaire a pourtant reculé de 3,7% à un milliard.
Le recul de la production de crédits est conforme aux indications fournies à l'automne: -7% dans les prêts aux particuliers (à 7,7 milliards), tandis que les prêts «corporate» (opérateurs publics ou privés) ont été plus sévèrement réduits (-38% à 7 milliards). Pénalisés à l'étranger, les encours ont progressé de 7,5% en France (à 92 milliards). A l'échelle du groupe, ils ont crû de 1,7% à 116 milliards.
Le système de provisions dynamiques a permis la réduction du coût du risque de 49%. Entre 120 et 125 millions de provisions collectives avaient été passées en 2008; entre 80 et 90 millions ont ainsi pu être repris un an après.
Ensuite, l'ancienne filiale de l'Ecureuil a annoncé des synergies qui laissent à penser qu'elle a bien sa place au sein de BPCE. «Le montant des opérations communes avec l'un ou l'autre des réseaux devrait atteindre 8 milliards en 2010», souligne François Blancard, son directeur général. Sachant que le montant annuel de crédits tourne autour 25 milliards en rythme de croisière, les synergies représenteraient entre 15% et 20% de la production au bilan du Crédit Foncier cette année. Ses dirigeants expliquent avoir multiplié les contacts dans ce but: «Nous avons rencontré plus de la moitié des Caisses d'Epargne et cinq caisses des Banques Populaires», affirme le directeur général. Rappelons que l'Ecureuil a racheté le Foncier en 1999...
Les offres sont en train d'être «rassemblées» à la fois dans les services immobiliers, dans le crédit aux particuliers (des tests sont en cours dans une caisse de chaque réseau) et dans le crédit aux opérateurs privées. Le Foncier compte aussi beaucoup sur le développement des partenariats public-privé. «Mais c'est en juillet que nous auront une visibilité à deux, trois ans de notre rôle au sein de BPCE», rappelle François Blancard.