Le Crédit Agricole SA est revenu hier sur la dissolution du pacte d'actionnaires avec Generali également actionnaire d'Intesa. Expliquant l'accord global avec les autorités de la concurrence italiennes, Georges Pauget, directeur général de CASA, a indiqué au cours d'une conférence de presse que la banque française allait acquérir entre 150 et 200 agences du réseau Intesa. En se renforçant ainsi, avec un total de près de 900 agences, le Crédit Agricole deviendra le cinquième acteur en Italie.
Georges Pauget est resté évasif sur ces acquisitions, «peut-être une banque régionale», en tout cas, «des agences urbaines de régions riches», cela évoque l'Italie du Nord. Quant au prix, comme il lui était rappelé que la banque avait déclaré en 2009 ne plus viser d'acquisitions à l'international , le directeur-général a répondu «qu'il s'agissait alors d'opérations de plusieurs milliards d'euros, alors que dans le cas présent on se situe dans l'ordre du milliard d'euros». Un investissement qui se justifie aussi par le fait que l'Italie est le deuxième marché domestique du Crédit Agricole. A titre indicatif une agence coûte environ 5,5 à 6 millions d'euros. Les termes et conditions ne seront rendus publics qu'une fois l'opération finalisée.
Deuxième volet de l'accord, le Crédit Agricole gardera une participation de 5% dans Intesa, qu'il se réserve ou non le droit de vendre si le cours de l'action retrouve les niveaux de 2006. Pour rester dans le cadre obligé dicté par l'autorité antitrust italienne, il lui faudra vendre une participation de 0,8% avant le 30 juin 2010, difficile de prédire le niveau de l'action alors et donc la perte potentielle, aujourd'hui, de l'ordre de «cent millions.»
Crédit Agricole précise qu'il présentera, lors de l'assemblée générale d'Intesa Sanpaolo le 28 avril 2010, une liste lui permettant d'avoir une représentation au conseil de surveillance d'Intesa Sanpaolo et d'exercer les droits de vote qui ne s'élèveront plus qu'à 2% au 30 juin 2011. Comme garantie de non-intervention dans les affaires d'Intesa, un comité composé de membres indépendants sera nommé. Cet accord permet à Intesa d'échapper à l'amende de 500 millions d'euros, qu'elle risquait de payer.
Generali, qui possède 5,07% du capital d'Intesa, n'étant pas concerné par les mêmes contraintes d'antitrust, va continuer à exercer ses droits d'actionnaire.