Nouvelles réglementations et crise financière ne sont pas sans effet sur l'épargne salariale. D'abord, la chute des marchés boursiers a conduit les entreprises à renforcer leur communication auprès de leurs salariés. Six sociétés sur dix ont réalisé une communication spécifique, d'après l'enquête annuelle du Club de l'épargne salariale auprès d'une soixantaine d'entreprises. Alors que l'affaire Madoff était dévoilée, elles ont surtout mis en avant la protection de l'épargne investie en FCPE.
Parallèlement à cette volonté de rassurer, les entreprises ont toutefois ralenti leur plan d'actionnariat salarié, d'après l'enquête. « Au second semestre, nous n'avons quasiment pas observé d'opérations d'actionnariat salarié sur notre portefeuille de clients », observe Dominique Coudert, directeur général délégué chez Natixis Interépargne. 57 % des entreprises interrogées par la société de conseil Hewitt voient dans le contexte économique actuel un frein au lancement d'un plan d'actionnariat salarié. Toutefois, 45 % des sociétés indiquent avoir des projets en la matière. « Pour certaines, la chute des cours est considérée comme une opportunité, souligne Patrick Azières, directeur épargne salariale chez Hewitt Associates. Mais elles cherchent à présent moins la satisfaction du salariés, au travers d'attributions d'actions gratuites, que son engagement envers l'entreprise, via l'acquisition d'actions ».
Les nouvelles réglementations devraient également modifier le comportement des entreprises. Le déblocage de la participation a produit des effets mesurés pour l'heure. Malgré cette possibilité, 60 % des salariés ont en effet choisi de bloquer le montant versé à hauteur de 65 % environ. Par ailleurs, 85 % des sociétés sondées ne prévoient pas d'utiliser l'adhésion automatique dans le Plan d'épargne retraite collectif (Perco) et 96 % n'envisagent pas d'utiliser l'abondement d'amorçage du Perco. Enfin, 72 % ne souhaitent pas abonder la participation dès 2009. Pour les 28 % qui prévoient en revanche de l'abonder, ce sera, dans 80 % des cas, dans le cadre de l'enveloppe actuelle d'abondement. Les entreprises ne semblent donc pas prêtes à augmenter leurs dépenses en matière d'épargne salariale. L'enveloppe devrait même se réduire, sous l'effet de la mise en place du forfait social, instauré pour financer le RSA, et de la probable baisse des résultats, pris en compte pour le calcul des montants versés.