Un peu comme l'avait fait la Fed avec Bear Stearns et une subvention au rachat par Maiden Lane, la Suisse a créé pour UBS un véhicule spécifique (SPV) lui permettant de sortir du bilan 60 milliards de dollars d'actifs à risques. La Banque nationale suisse (BNS) contrôle ce véhicule financé par un prêt public et dispose d'une option d'achat en actions UBS en cas de non-remboursement. « Lorsque la Confédération helvétique a choisi cette voie, en octobre, cela semblait dépassé, a déclaré au Temps Gildas de Nercy, chef de la recherche chez Exane Derivatives. Mais la méthode marche : UBS n'est pas encore une pin-up, mais elle est un peu plus présentable qu'il y a un an. »
Cette gestion au cas par cas avait permis de sauver les caisses d'épargne américaines dans les années 80 puis les banques suédoises dans les années 90. L'Allemagne, où 20 établissements seraient exposés à hauteur de 300 milliards d'euros, pourrait aussi s'orienter vers cette solution. Pour « séparer le bon du mauvais », la Banque d'Italie s'apprête à mettre en place un système d'échange provisoire entre des titres d'Etat et des actifs toxiques que les banques devront racheter à terme. Plus sensible à une solution collective, la Belgique hésite aussi entre une « bad bank » externe et un système de garanties qui présente l'avantage théorique d'étaler l'investissement dans le temps.