Bonne résistance de l'actionnariat salarié. Tel est le constat de la première édition annuelle des « Tendances de l'actionnariat salarié » lancées par le cabinet Hewitt et réalisées auprès de 65 entreprises (dont 70 % du CAC 40). Malgré la crise, 81 % des sociétés sondées déclarent encourager l'actionnariat salarié, d'ailleurs 20 % ont un plan en cours et 35 % en ont mis un en place l'an dernier. Près de la moitié optent pour une récurrence annuelle. « Les autres sont plutôt en retard », constate Patrick Azières, directeur de l'épargne salariale, de l'épargne retraite et de l'actionnariat salarié chez Hewitt.
Les sociétés visent avant tout à renforcer le sentiment d'appartenance des salariés à l'entreprise, plus qu'à développer leur culture actionnariale. Et en période de crise, l'actionnariat salarié demeure un moyen de motivation des collaborateurs d'une entreprise. Si 57 % des sociétés jugent le contexte actuel comme un frein à son développement, 45 % ont un projet pour 2009.
Parmi les opérations récentes, le FCPE (Fonds communs de placement d'entreprise) a été largement plébiscité (78 %), loin devant l'actionnariat direct (47 %), utilisé notamment quand le FCPE n'existe pas hors de France. En revanche, la distribution d'actions gratuites reste peu utilisée (14 %). « Elle représente un cadeau et ne permet pas à l'entreprise de mesurer l'engagement de ses salariés », ajoute Patrick Azières.
D'ailleurs, la société privilégie l'offre classique – au détriment de l'offre levier ou garantie, beaucoup plus onéreuse pour l'entreprise – estimant que le risque pris est déjà couvert par la décote et l'abondement offerts. La décote, offerte par 80 % des entreprises, est de 20 % dans trois cas sur quatre. L'abondement, presque toujours proportionnel au versement, est proposé par 57 % des sociétés, et l'est à 86 % en cash (et non en titres). Très souvent, les salariés disposent de délais de paiement sur douze à vingt-quatre mois et peuvent arbitrer entre d'autres actifs, comme leur compte épargne temps ou leur compte courant bloqué, pour financer cette opération.
Les salariés ont répondu jusqu'à présent aux attentes de leur employeur, avec des taux de souscription qui atteignent ou dépassent les objectifs dans 93 % des cas. En France, le taux de participation atteint 50 %, contre 32 % à l'international. La part du capital détenue par les salariés est en moyenne de 2 % en France.