L'Espagne pourrait bien être la surprise de la rentrée pour le marché de la titrisation. D'après Cinco Dias, l'Etat européen prépare la vente de 5 milliards d'euros de titres adossés aux créances que les compagnies d'électricité nationales détiennent indirectement sur l'Etat.
Choisie par le gouvernement pour la gestion du véhicule regroupant les actifs sous-jacents, la société de gestion Titulizacion de Activos (TdA) aurait fixé à 3 milliards d'euros la taille minimum pour cette titrisation dont les tranches ont une durée variant de 3 à 10 ans. Banco Santander, BNP Paribas, Calyon et Goldman Sachs arrangeraient la transaction. TdA prévoit de rencontrer les investisseurs européens ce mois-ci avant de procéder à la mise sur le marché des titres. L'autorité boursière, la CNMV, devrait donner son feu vert d'ici quinze jours.
En juin, l'Etat a fait savoir qu'il comptait émettre des titres en septembre, en fonction des conditions de marché, pour payer aux sociétés de services aux collectivités la différence entre les coûts de production et les tarifs réglementés d'électricité cumulés et estimés jusqu'en 2013. Une situation due à un système de tarifs réglementés et à une hausse de l'endettement des compagnies d'électricité incitées à investir dans l'éolien et le solaire. Les dettes garanties par l'Etat dans leur bilan atteignent près de 14,6 milliards d'euros (7,7 milliards pour Endesa, 4,3 milliards pour Iberdrola, 1,6 milliard pour Gas Natural-Fenosa, un total de 930 millions pour Hidrocantabrico, Elcogas et Eon).
«Les sociétés espagnoles d'énergie vont céder les droits qu'elles détiennent sur le gouvernement au véhicule de titrisation qui pourra les financer sur le marché. Cela permettra de faire remonter de la trésorerie dans leurs bilans plus rapidement que le remboursement par l'Etat, prévu sur plusieurs années», explique Jean David Cirotteau, analyste ABS chez SG CIB.
Ce genre de titrisation en Europe n'est pas fréquent. D'après l'expert, essentiellement l'Italie et le Royaume-Uni (notamment dans le secteur de la distribution d'eaux) ont eu recours ces dernières années à la titrisation pour régler les problèmes de déficit tarifaire ou reglementé. En revanche, aux Etats-Unis, cette forme de titrisation est courante dans le secteur de l'énergie.