L'horizon ne cesse de s'assombrir pour Axa en Asie. En bloquant une nouvelle fois le rachat, par la banque australienne NAB, d'Axa APH, filiale d'assurance et de gestion de fortune asiatique détenue à hauteur de 54% par Axa, l'autorité de la concurrence australienne (ACCC) donne un sérieux coup de frein aux perspectives de développement de l'assureur français dans cette zone géographique.
Près d'un an auparavant, NAB et sa concurrente AMP étaient toutes deux en lice pour racheter Axa APH en ne conservant que les activités australiennes et en Nouvelle-Zélande et en revendre les activités asiatiques à Axa. Alors que l'offre d'AMP a été rejetée par le conseil des administrateurs indépendants d'Axa APH et que l'ACCC vient une deuxième fois de refuser le rachat par NAB, les spécialistes s'inquiètent quant à la stratégie d'Axa en Asie, qui constitue un axe de développement fort pour l'assureur.
«C'est un coup dur pour Axa, qui peut se voir obligé d'associer les actionnaires minoritaires d'Axa APH à toute décision stratégique en Asie», relève un analyste. Axa ne jette pas pour autant l'éponge et indique que le groupe «va examiner les raisons du rejet de l'ACCC des engagements fermes proposés par NAB et Axa APH».
Concrètement, au-delà du statu quo, plusieurs scénarios sont envisageables. Mais aucun ne semble acquis. NAB peut de nouveau revoir son offre, qui s'élevait à 13,3 milliards de dollars, mais les spécialistes doutent d'un futur accord de la part de l'ACCC. «La cession de nouvelles activités pour satisfaire les autorités de la concurrence tend à réduire les bénéfices de la transaction», estime un spécialiste.
AMP, dont l'offre avait été validée par l'ACCC, peut également revenir dans la course avec une offre améliorée par rapport à la précédente qui contenait une partie en titres. Pour Crédit Suisse, il s'agit désormais du seul acquéreur crédible. AMP, qui a salué jeudi la décision prise par l'ACCC, a indiqué qu'Axa APH demeurait d'ailleurs une cible stratégique, tout en ajoutant qu'il était prématuré de prendre une décision sur le dossier. Toutefois, «le cours d'AMP a diminué de près d'un quart depuis le début de l'année, ce qui va compliquer la tâche», indique un analyste.
Enfin, Axa peut racheter à lui-seul les minoritaires, ce qui semble improbable aux yeux de Credit Suisse, étant donné que «le titre s'échange seulement à sept fois les bénéfices».