En pénétrant en Argentine depuis la Bolivie, je ne ressens pas un grand choc culturel. Les maisons sont souvent délabrées et la population, en grande majorité indigène, ne semble pas très riche. Quant à l'alimentation, moi qui espérais pouvoir déguster une bonne pièce de boeuf accompagnée d'un bon verre de vin, je vais devoir patienter car ici aussi, c'est poulet et riz !
La « Ruta 40 ».
Dès les premiers kilomètres je constate que la réputation sulfureuse des automobilistes et camionneurs argentins se vérifie. Pour la première fois du voyage, je connais quelques frayeurs en me faisant frôler. Les longues lignes droites - de plusieurs dizaines de kilomètres - sur lesquelles j'évolue désormais rendent la route quelque peu monotone.
Heureusement, la pampa argentine est régulièrement interrompue par des paysages à couper le souffle tels que ceux des Gorges de Huamahuaca et de Las Conchas, ou encore la Côte de Miranda, justifiant pleinement la réputation de la « Ruta 40 ». Cette célèbre route traverse l'Argentine du nord au sud sur près de 5.000 kilomètres. J'en emprunte une partie accompagné de Diego, un Équatorien voyageant en vélo de Quito à Buenos Aires, puis une autre en compagnie de Nadine et Gaëtan, un couple de cyclotouristes suisses rencontrés à Uyuni.
Arrivé fatigué à Mendoza après 1.800 kilomètres parcourus en quinze jours, je décide de rallier Santiago du Chili en bus, n'ayant ni le courage ni la force d'entreprendre une nouvelle traversée des Andes. Dans la capitale chilienne, je retrouve une quinzaine de cyclistes rencontrés tout au long du voyage avec qui je passe les fêtes de fin d'année.
Au milieu des volcans.
Après une semaine de repos et de convivialité, c'est plein d'entrain que je reprends la route. Une route superbe se faufilant entre volcans et lacs et m'amenant à passer du Chili à l'Argentine et vice-versa à plusieurs reprises. Le dernier passage de frontière, entre San Carlos de Bariloche (Argentine) et Osorno (Chili), est marqué par l'activité du volcan Puyehue. Distant de quelques dizaines de kilomètres de la route internationale, ce volcan s'est réveillé en juin 2010 et crache depuis régulièrement ses cendres, offrant aux rares touristes un paysage de désolation.
De retour au Chili, je poursuis mon chemin - toujours entre lacs et volcans - avant d'atteindre les rives de l'Océan Pacifique à Puerto Montt. Cette ville est une étape importante dans mon voyage puisqu'elle constitue la porte d'entrée de la Patagonie.
Grave avarie.
Ainsi, après avoir effectué quelques réparations sur mon vélo, je m'élance sur la Carretera Austral. Construite au milieu des années 1980 sous la dictature du général Pinochet, cette route - ou plutôt cette piste en très mauvais état - traverse la Patagonie chilienne sur 1.200 kilomètres en se faufilant entre lacs, rivières, glaciers, montagnes et volcans.
Mais le rêve tourne vite au cauchemar puisqu'après 200 kilomètres, je dois faire face à une grave avarie mécanique, la pire pour un cycliste : le cadre se brise net en deux, arrachant au passage une pièce de mon trike introuvable ici. Je regagne alors Puerto Montt par bus où, miraculeusement, j'arrive à faire réparer mon vélo. Je prends alors un bateau pour rejoindre la Carretera Austral là où je l'ai laissée. L'aventure peut continuer...
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