Comme chaque année, bfinance a interrogé les investisseurs institutionnels français afin de sonder leur humeur face aux turbulences des marchés et les répercussions de ces dernières sur le choix des gérants et de l'allocation d'actifs.
La sous-performance est ainsi, de bien loin, la principale raison avancée par les investisseurs institutionnels pour justifier la rupture avec certains gérants, un pas franchi par deux tiers environ d'entre eux au cours des six mois précédant l'étude. Cette déception face à la performance est citée dans 57% des cas. Suivent le manque de clarté du processus d'investissement (29%), les reproches quant à l'utilisation du budget de risque et la mauvaise qualité des rapports de gestion (18%). Selon les investisseurs interrogés, le niveau des frais de gestion n'a en revanche jamais constitué une cause de rupture.
En termes de classes d'actifs, l'étude relève que les institutionnels «privilégient encore largement l'obligataire». Un penchant renforcé cette année par des conditions de marché qui ont favorisé le «portage» de ces actifs. Les obligations représentent ainsi à fin septembre 52% de l'ensemble des portefeuilles institutionnels, contre 20% alloués aux actions, 17% au monétaire et 11% à l'alternatif.
Et la «la diversification des classes d'actifs» ne serait «pas vraiment à l'ordre du jour». Pourtant, les investisseurs ont fait part de leur volonté d'accroître marginalement leurs expositions sur l'ISR, les matières premières ou le non-coté. Exprimant en parallèle leur «besoin d'une plus grande réactivité face à la volatilité et aux chocs sur les marchés», les investisseurs «délaissent» les produits diversifiés ou alternatifs, au bénéfice avant tout d'une allocation tactique qui «revient en force».
Le marché de la gestion d'actifs institutionnelle déléguée en France s'élève à 650 milliards d'euros à fin juin dernier (dont 43% de placement monétaires), selon les données récoltées par le cabinet de conseil auprès de 52 sociétés de gestion. Un chiffre stable sur un an et en progression de 11% sur un semestre. Côté gestion actions, l'étude relève l'«émergence» de certains acteurs, tel Barclays Global Investors qui profite «de l'engouement continu des investisseurs pour les fonds indiciels cotés (ETF)». Un succès qui est un témoignage de la quête de réactivité des investisseurs.