Le projet de restructuration du réseau de Barclays Bank en France, baptisé Néo, fait face à certains obstacles. Le comité d'entreprise du groupe bancaire, qui a intenté une procédure en référé auprès du Tribunal de grande instance de Paris, a en effet gagné une première manche. La justice a décidé de suspendre, pour l'heure, le projet dans l'attente d'une décision sur la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi.
«Ce projet, qui touche les activités de banque de détail, prévoit la suppression de quelque 70 postes, dont une quarantaine de postes support en agences et une trentaine de postes commerciaux», indique à L'Agefi une source proche du dossier.
L'effectif de Barclays, qui compte une cinquantaine d'agences bancaires dans l'Hexagone, s'élève à 1.300 salariés dans les activités de banque de détail et à 1.600 en intégrant les activités de banque de financement et d'investissement (Barclays Capital) et le réseau de conseillers financiers regroupés au sein de la filiale Barclays Patrimoine.
La décision du tribunal sera rendue à la rentrée. «Le Tribunal de grande instance a ordonné la suspension du projet Neo, dans l'attente d'un jugement sur le fond, dont l'audience a lieu le 7 septembre prochain», indique ainsi le comité d'entreprise dans un mail interne, en date du 26 juillet 2010, dont L'Agefi a eu connaissance. Le tribunal «fait interdiction à la Barclays Bank de prendre toute mesure dans le cadre du projet Néo dans l'attente de la décision au fond relative à la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi, comme nous l'avons demandé», poursuit le document.
Dans le sillage du projet Néo, «l'ensemble des clients présentant un produit net bancaire inférieur à approximativement 200 euros par an sera transféré à Barclaysnet, activité de banque en ligne du groupe», explique une source proche du dossier. Ces transferts devraient porter sur quelque 26.000 clients, 5.000 clients étant déjà en phase de transfert depuis octobre 2009.
Le projet Néo, présenté en février au comité d'entreprise, fait suite à un projet baptisé Chanel, prévoyant la suppression d'une vingtaine de postes administratifs. Interrogé par L'Agefi, Barclays n'a pas souhaité faire de commentaires sur le sujet.