Après Fitch et Standard & Poor's, c'était hier au tour de l'agence de notation Moody's d'abaisser la note de la Grèce. Elle passe de «A1» à «A2» tandis qu'elle ressort à «BBB+» chez S&P et Fitch. «La nouvelle note reflète, d'une part, les risques de liquidités très limités à court terme, et d'autre part, les risques sur la solvabilité à moyen et long terme», justifie Moody's.
Ces dernières semaines, les spreads sur la dette grecque se sont tendus sur fond de dégradations par les agences de notation et de craintes des marchés quant à l'évolution des finances publiques. Du coup, l'écart de rendement entre les obligations à dix ans grecques et allemandes a atteint 277 points de base (pb). Il ressort à présent à 248 pb.
Malgré la dernière décision de Moody's, le début de l'année 2010 devrait se présenter sous de meilleurs auspices pour la dette grecque. D'abord, le gouvernement a montré sa volonté de redresser les finances du pays. Il a donné mi-décembre les grandes lignes de son plan. Les détails devraient être dévoilés en janvier, lorsque la Grèce présentera son programme à la Commission européenne, ce qui devrait redonner confiance aux investisseurs.
Les investissements dans les titres d'Etat devant repartir début 2010, la Grèce ne devrait pas avoir de problème pour se financer. Ses besoins seront relativement faibles en 2010. Les émissions brutes d'obligations s'élèveront à 37 milliards d'euros en 2010 contre 50 milliards cette année, projette Société Générale.
La Grèce ne devrait pas non plus souffrir de nouvelle dégradation de ses notes. Pour la banque de La Défense, S&P et Fitch ne devraient pas procéder à de nouveaux abaissements de notes dans un avenir proche. Les stratégistes estiment par ailleurs que la dégradation de la note de la Grèce à «BBB+» n'aura pas forcément d'impact sur les gestions indicielles. «Il existe des centaines de milliers d'indices. Certains vont exclure la Grèce et beaucoup ne seront pas modifiés», estiment-ils. Dans ce contexte, le spread entre les titres grecs et allemands à dix ans devrait se resserrer à 150 points de base d'ici fin mars 2010, avance Société Générale.
A plus long terme, des inquiétudes demeurent. Moody's rappelle ainsi que le problème de la dette ne pourra pas être résolu par la croissance, qui sera molle. La faiblesse des institutions fiscales du pays risque aussi de rendre plus difficile la tâche du gouvernement.