La dette des pays périphériques de la zone euro agite encore les investisseurs

L’écartement des spreads sur les titres souverains grecs et portugais est pourtant proche de son plafond d’après les stratégistes

Par Violaine Le Gall le 22/01/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La défiance des investisseurs vis-à-vis de la dette grecque ne faiblit pas. Elle s'est même amplifiée ces derniers jours malgré les engagements du pays et l'intervention croissante de l'Union européenne pour redresser les finances publiques et redonner de la crédibilité aux statistiques domestiques. En dépit d'une stabilisation hier, le rendement à deux ans a bondi de plus de 160 points de base (pb) à 4,4% en l'espace de huit jours et celui à cinq ans s'est tendu de 118 pb à 5,7 %.

«Les tensions sur la dette grecque s'expliquent non seulement par la mauvaise situation macroéconomique du pays mais aussi par des facteurs techniques qui conduisent à des mouvements excessifs sur les rendements», explique Etienne Pourny, président de Stelphia AM. Ainsi, les détenteurs de titres courts, de un à cinq ans, souhaitent vendre leurs titres afin d'éviter d'enregistrer des pertes trop lourdes du fait d'une valorisation en mark-to-market. Le rendement des titres longs progresse actuellement moins que celui sur les obligations courtes car les investisseurs de long terme sont moins soumis à ce mode de valorisation. Les paris à la baisse de certains opérateurs tirent par ailleurs les taux des obligations et les CDS vers le haut. Le coût de la protection contre le risque de défaut a hier atteint 344 pb, d'après CMA Datavision, contre 174 pb début décembre.

Alors que le mouvement de vente s'est accéléré ces derniers jours, le prix de la dette se rapprocherait de son niveau plancher, estiment des stratégistes de banques. Un point d'entrée apparaîtra lorsque l'écart de rendement entre les dettes souveraines grecques et allemandes atteindra 300 points de base, avance Calyon. Ce niveau de spread avait déjà été atteint, en pleine crise, entre janvier et mars 2009. Il ressortait hier à 289 pb.

Les tensions pourraient aussi bientôt se dissiper sur la dette portugaise, qui a subi, avec les obligations d'Etat espagnoles, les craintes des investisseurs sur les finances publiques des pays les plus fragiles de la zone euro. Pour Royal Bank of Scotland, il sera bientôt temps de fermer les paris à la baisse sur la dette portugaise, après une probable dégradation de sa note, en février, suite au bouclage du budget. Le pari sur la dette espagnole pourrait, lui, être maintenu un peu plus longtemps.

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