Commerzbank a annoncé lundi une perte nette plus importante que prévu au troisième trimestre, en raison de dépréciations de la survaleur et de charges de restructuration. La deuxième banque allemande a publié quelques chiffres clés avant la parution officielle de ses comptes le 5 novembre. Contrairement à sa concurrente Deutsche Bank, qui a davantage pu tirer parti d'une filiale de banque d'investissement bien plus développée, Commerzbank devra surmonter des pertes tout au long de l'année - pour cause de remboursement d'une aide et de restructuration - et l'exercice 2009 devrait se révéler négatif.
Au troisième trimestre, la perte nette se monte à 1,05 milliard d'euros, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient une perte de 696 millions d'euros en moyenne. L'établissement n'a pas donné de détails sur ses reprises sur provisions pour dépréciations durant le trimestre, qui l'ont aidée à inscrire un résultat opérationnel positif, ou précisé sur quelles lignes du bilan elles seraient inscrites.
Elle explique qu'un réexamen de la dépréciation de la survaleur dû pour l'essentiel à la restructuration de sa filiale de financement immobilier Eurohypo et que des modifications intervenues dans les anticipations de revenus ont abouti à une dépréciation de l'ordre de 650 millions d'euros. Les coûts de restructuration et d'intégration de Dresdner Bank, péniblement rachetée cette année avec le soutien de l'Etat fédéral, ont représenté 900 millions d'euros, détaille un communiqué.
La banque a réussi à signer un bénéfice opérationnel de 120 millions d'euros sur la période, contre une perte de 201 millions d'euros au trimestre précédent. «Nous nous attendions à ce que Commerzbank fasse état d'un bénéfice d'exploitation. Mais il est difficile d'estimer la qualité de ces résultats puisque nous n'avons aucun détail, par exemple, sur les provisions sur crédit», commente Thomas Stögner, analyste d'Oppenheim Research. L'action Commerzbank a clôturé en hausse de 1,27% à 7,19 euros.
La «Coba» a été recapitalisée à hauteur de 18,2 milliards d'euros par l'Etat allemand cette année, qui détient désormais 25% de son capital. En contrepartie, la Commission européenne lui a imposé un régime de rigueur qui passe notamment par la cession de nombreux actifs, dont Eurohypo d'ici 2014.