La Chine est menacée par ses liens commerciaux avec l'Europe

Le FMI estime dans un rapport publié hier qu'une aggravation de la récession sur le Vieux Continent pourrait faire chuter la croissance chinoise à 4,25%

Par Patrick Aussannaire le 07/02/2012 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Le FMI alerte Pékin. Dans un rapport publié hier, l'institution confirme la révision à la baisse de sa prévision de croissance chinoise, à 8,25% contre 9% en septembre dernier. Jusqu'ici, rien de bien alarmant. Cependant, le FMI précise que «le taux de croissance chinois pourrait chuter fortement si la zone euro entrait dans une récession sévère». L'institution estime ainsi qu'une aggravation de la récession en zone euro pourrait coûter 4 points de croissance supplémentaires à la Chine, risquant ainsi de la faire chuter à 4,25%.

Les autorités conservent cependant des marges de manoeuvre pour apporter une réponse monétaire et fiscale pour relancer l'activité. Le FMI préconise ainsi des baisses d'impôts d'un montant équivalent à 3% du PIB pour se prémunir contre un tel risque. D'autant que l'inflation, à 4,1% en décembre, est revenue à «des niveaux plus confortables», selon l'institution. La masse monétaire M2 a ralenti à 13,6% en 2011, contre un objectif de 16% fixé par le gouvernement.
La publication jeudi de l'indice des prix pour le mois de janvier permettra de jauger la probabilité d'un assouplissement de la politique monétaire.
La Banque populaire de Chine (PBOC) n'a pas souhaité opter pour une nouvelle baisse du ratio de réserves obligatoires comme l'avaient anticipé les économistes, privilégiant l'injection de liquidités à court terme. Elle a ainsi sollicité les banques afin de tester l'appétit des investisseurs pour une émission de titres d'un mois à un an d'un montant cependant limité à 2 milliards de yuans (242 millions d'euros). Et il semble peu probable que Pékin, luttant toujours contre les conséquences sur l'immobilier et l'emballement de la dette locale des 4.000 milliards de yuans injectés en 2008, se lance dans une autre politique de relance.
En contrepartie, le premier ministre, Wen Jiabao a confirmé dimanche son intention déjà formulée lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel de privilégier une aide à la zone euro par le biais d'une participation au soutien du FMI.
Alors que le pays n'est pas enclin à soutenir l'euro, Wen Jiabao s'est même lancé dans une démarche pédagogique expliquant que «d'un côté, notre plus gros marché exportateur est l'Europe. De l'autre, l'Europe est notre plus grande source d'importation technologique. De ce point de vue, aider à stabiliser le marché européen est en fait nous aider nous-mêmes».

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