Après l'accord des conseils d'administration de Dexia et de La Poste vendredi, le nouveau schéma de financement des collectivités locales en France est en place, du moins sur le papier. S'agissant de la production nouvelle, la société commune entre la Banque Postale (65%) et la Caisse des dépôts (35%) aura un champ d'intervention plus large que prévu: collectivités locales, mais aussi hôpitaux ou sociétés d'économie mixte. Ces types de prêts ne sont pas éligibles au refinancement par Dexia Municipal Agency (Dexma). Mais la Banque Postale, qui centralise aujourd'hui 100% de sa ressource Livret A à la CDC contrairement aux autres banques, aimerait récupérer une partie de cette manne.
La reprise de Dexma, valorisée 380 millions d'euros et qui porte le stock de prêts existants, se fera quant à elle à travers une structure à plusieurs étages. L'Etat, la CDC et la Banque Postale interviendront via un holding public, solution préconisée par le médiateur René Ricol pour faciliter leurs relations. Ce holding détiendra, aux côtés de Dexia, une société de moyens, actionnaire de Dexma, qui fournira aussi des prestations de services au nouvel établissement de crédit (voir schéma).
A terme, la filiale de La Poste, indirectement actionnaire de 4,9% de Dexma au départ, augmentera progressivement son poids au capital du holding. Vendredi, son président Philippe Wahl a indiqué aux administrateurs que la Banque Postale pourrait, à horizon 2020, représenter 36% des encours de Dexma (mais pas du capital).
Ce nouveau dispositif, dont on ignore encore les effectifs précis, ne sera pas opérationnel avant juillet. Pour assurer la jonction, le Premier ministre François Fillon a annoncé vendredi le déblocage d'une enveloppe de prêts de 2 à 5 milliards d'euros, prélevée sur les fonds d'épargne.