Altran veut croire au retour de la croissance. La société de conseil en hautes technologies a en effet assuré hier qu'après un «décrochage traditionnel» en tout début d'année, elle constatait «une amélioration progressive de son taux d'utilisation comme de la dynamique commerciale». A l'en croire, «l'activité est désormais stabilisée».
Pourtant, Altran n'a avancé aucune prévision chiffrée hier, à l'occasion de la publication des résultats 2009. Le chiffre d'affaires, particulièrement affecté dans les secteurs de l'automobile et du conseil en stratégie et management, a accusé l'an dernier un repli de 14,9% à 1,4 milliard d'euros. Une baisse ramenée à 11,3% à taux de change et périmètre comparables.
Le résultat opérationnel courant a été divisé par quatre en 2009, passant de 127 à 31 millions d'euros. Pour autant, Altran place en exergue le redressement de la marge correspondante au second semestre, pour lequel elle atteint 3,2%, contre 1,2% au premier, dans le sillage des efforts consentis sur les coûts indirects. Sur l'ensemble de l'exercice écoulé, le résultat opérationnel courant représente ainsi 2,2% des ventes, contre 7,7% en 2008. L'amélioration devrait se poursuivre, après adaptation par le groupe de «sa structure à la nouvelle donne économique», comme le souligne Aurel.
Gilbert Dupont souligne de son côté qu'Altran «demeure flou» quant à ses perspectives 2010, en dépit des éléments positifs avancés, auxquels s'ajoutent l'attente d'une stabilité des prix en France ainsi que le retour revendiqué à une «politique de croissance externe au travers d'acquisitions ciblées». CM-CIC Securities regrette ainsi qu'«Altran continue de souffrir davantage que ses concurrents, à l'international comme en France», le courtier n'entrevoyant «pas de signe d'amélioration des volumes à court terme». Et Gilbert Dupont d'anticiper cette année un repli organique de ventes des 1% et une marge opérationnelle courante de 4,2%, dans un environnement «moins perturbé qu'il y a un an mais n'offrant qu'une visibilité limitée».
En 2009, de plus, des charges de restructuration pour 64,4 millions d'euros et des dépréciations d'écarts d'acquisition pour 38,6 millions (dont 9,1 millions au Brésil) ont plongé le résultat net part du groupe dans le rouge, avec une perte de 74,7 millions contre un bénéfice de 11,4 millions en 2008.