L'adaptation à une réglementation de plus en plus exigeante représente le défi majeur pour 84 % des conseillers indépendants. C'est ce que révèle une étude menée par L'Agefi auprès des intéressés (lire p. 19). Et en coeur de cible de leurs préoccupations, on ne s'étonnera guère de trouver... le devenir de leurs rémunérations. Ce qui est bien légitime, même si le sujet tournoie dans leurs têtes comme dans nos colonnes depuis des années. Reconnaissons que le pied du mur n'est plus loin avec les débats en cours au niveau européen sur la directive MIF II et sa sentence : donnez un conseil sur la base d'une large analyse du marché et ne vous rémunérez plus que par honoraires, alors indépendants vous resterez. Or, la même étude souligne qu'ils sont 63 % à penser ne rien changer, quitte à ne plus être considérés pour leur « I », seuls 16 % envisageant un basculement progressif vers les honoraires. Les débats se poursuivent donc, alors que des observateurs avertis (lire ci-contre) mettent en garde contre une attitude de repli. Il sera toujours possible de vivre des rétrocessions, l'enjeu n'est pas là. Cela supposera bien sûr d'habiller son activité sous un autre label, tel que conseiller libéral ou privé. Le client s'en plaindra-t-il, s'il est soigneusement traité ? Reste que se détourner de la voie des honoraires (encore très mineure dans les cabinets) n'est sans doute pas celle de l'avenir et des relais de croissance.