La zone euro éprouve les pires difficultés à apporter des réponses claires à la crise de la dette qui empoisonne le climat économique et financier. Après de longues heures de négociations téléphoniques hier, les ministres des Finances de la zone euro ont indiqué avoir convenu d'augmenter les ressources du Fonds monétaire international de quelque 150 milliards d'euros afin d'apaiser la crise de la dette. Le principe de cette action concertée avait déjà été entériné le 9 décembre.
Hier, à la date limite que s'étaient imposée les dirigeants européens pour fixer les modalités de cette contribution au FMI, le degré d'implication de chaque pays n'était pas précisé. La zone euro s'est pourtant assuré le soutien de quatre pays membres de l'Union européenne, à savoir la République tchèque, la Suède, le Danemark et la Pologne. Sous réserve de l'approbation de leurs Parlements respectifs. Le ministre suédois des Finances a indiqué que son pays était prêt à prêter au maximum 100 milliards de couronnes (11 milliards d'euros) mais que cela dépendait des contributions des autres pays.
Mais la défection britannique pourrait peser lourd, empêchant d'atteindre l'objectif des 200 milliards d'euros de contributions au FMI sous la forme de prêts bilatéraux. Diplomatiquement, le communiqué commun indique que le Royaume-Uni précisera sa position dans le cadre du G20 en début d'année prochaine.
Les ministres des Finances en appellent dès lors de nouveau à des aides extérieures à l'Union, en clamant que «l'UE apprécierait que des membres du G20 et d'autres membres du FMI financièrement solides soutiennent les efforts visant à sauvegarder la stabilité financière mondiale en contribuant à l'accroissement des ressources du FMI». L'annonce faite hier soir laisse la zone euro plus dépendante que jamais d'économies telles que la Russie et la Chine, qui semblent disposées à prêter au FMI. Les Etats-Unis, pour leur part, s'inquiètent de l'exposition du Fonds à la zone euro.
Le FMI s'est néanmoins félicité de l'accord intervenu au sein de l'Eurogroupe, en assurant « salu(er) le soutien des ministres des Finances de l'UE en vue d'une augmentation conséquente des ressources du FMI, alors même que nous oeuvrons à renforcer notre capacité d'honorer nos responsabilité systémiques vis-à-vis de nos membres dans le monde entier».