Si le plan d'austérité grec a rassuré les marchés, l'économie locale va en souffrir en 2010. «Toutes les mesures de consolidation budgétaire audacieuses ont dans un premier temps certains effets récessionnistes. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous prévoyons une contraction de 2,0% de l'activité économique cette année», a déclaré Georges Provopoulos, le gouverneur de la Banque centrale grecque à Reuters vendredi. La Commission européenne (CE) va plus loin et prévoit une chute d'au moins 2,25%.
Le 10 mars, le Ministre des finances, Georges Papaconstantinou, a annoncé prévoir une baisse en 2010 de l'activité de 0,8%, contre -0,3% estimé en janvier lors de la présentation à la CE du plan grec de redressement des finances. Celui-ci prévoit une baisse de 4 points du ratio de déficit/PIB cette année, à 8,7%. Ce scénario de récession exacerbée, qui pèsera sur les recettes fiscales, va de pair avec un marché du travail déprimé. Le taux de chômage en décembre s'est élevé à 10,2%, contre 9,9% pour les membres de la zone euro.
L'économie grecque a déjà connu une année de récession profonde en 2009. Le PIB s'est contracté sur un an de 2,5% au dernier trimestre 2009, après -2,5% au trimestre précédent. D'un trimestre sur l'autre, il a décliné de 0,8%. La décroissance aura atteint 2% l'exercice passé, contre une croissance de 2% un an plutôt. Malgré la progression, entre octobre et décembre, de 0,3% des dépenses à la consommation, la chute des importations et des exportations de 18% et de 15,5%, assortie à la baisse de 19% de l'investissement, ont nourri le recul du PIB.
Pour autant, le banquier central s'attend à ce que le plan de consolidation budgétaire crée les conditions d'une croissance durable pour l'avenir. Les efforts budgétaires ont d'ailleurs commencé à porter leurs fruits. Les revenus du gouvernement central (hors collectivités locales et régimes de retraite) ont crû en janvier et février de 13,1% contre +10,8% prévus. De plus, George Provopoulos ne croit plus à une dégradation des notes du pays, au vu des mesures mises en place. Selon lui, leur «relèvement» serait une «question de trimestres, peut-être de mois». De quoi apaiser le marché des credit default swaps (CDS) qui jauge la qualité de crédit des émetteurs. De fait, le spread des CDS grecs se traitaient vendredi à 293 pb, contre 302 pb la veille et au-delà de 400 pb au pic de la crise.