L'Asie semble bien armée pour faire face à la crise économique mondiale

Un cadre du FMI a souligné que la zone a les moyens de mesures additionnelles en cas de dégradation plus prononcée que prévu

Par Benoît Menou le 01/02/2012 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

L'Asie fait décidément figure de bon élève en termes de croissance au sein d'un environnement économique et financier tourmenté. Surtout, les dirigeants de la zone conservent à leur disposition un arsenal défensif de mesures monétaires ou fiscales notamment comme bouclier face à la crise, alors que les pressions inflationnistes se sont atténuées. C'est ce qu'a rappelé hier le Fonds monétaire international, par la voix de son responsable pour la zone Asie-Pacifique, Anoop Singh, lors d'une conférence. Ce dernier s'est notamment félicité du comportement de banques régionales faisant usage de leur bilan solide pour soutenir le crédit et le financement des entreprises face au retrait des banques européennes.
Au sujet précis de la Chine particulièrement, locomotive régionale et mondiale, le cadre du FMI écarte tout risque d'atterrissage brutal de l'économie, notamment grâce aux mesures prises par Pékin pour atténuer l'ampleur de la bulle immobilière ou la dépendance envers la demande extérieure. « Les risques sont pris en compte », a-t-il estimé, confirmant une estimation de croissance de 8 à 8,5% pour le pays cette année et de 9% en 2013. Pour l'ensemble de la région Asie-Pacifique, le Fonds mise respectivement sur 6 et 6,5%. Signe d'une capacité de résistance, sur fond justement d'une demande domestique solide, alors que les prévisions mondiales ressortent à 3,3 et 3,9%. Pour autant, comme l'a souligné le FMI, le risque de contagion n'est pas nul.
A ce titre, Anoop Singh qualifie de «bienvenu» le récent repli des excédents commerciaux de nombreux pays de la zone, dans un contexte de baisse de la demande mondiale, si tout du moins cette tendance se confirme à long terme par un affermissement de la demande intérieure. Le dirigeant du FMI a refusé de se prononcer sur le taux de change du yuan, mais le FMI dans son rapport annuel en juillet dernier sur le pays avait regretté «un niveau significativement en deçà de celui cohérent avec les fondamentaux économiques à moyen terme».
Les devises asiatiques ont d'ailleurs entamé l'année 2012 avec vigueur, octroyant aux pouvoirs publics une protection contre l'inflation et une marge de manoeuvre pour leurs politiques monétaires. Hier, l'indice Bloomberg-JPMorgan Asia Dollar, un panier des dix devises régionales les plus actives face au billet vert, hors le yen, gagnait 1,8% ce mois-ci. Une évolution récente à laquelle a pourtant échappé le yuan.

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