La gestion française a souffert en 2011. Selon les chiffres de l'Association française de la gestion financière (AFG), le montant des actifs gérés par les sociétés de gestion de patrimoine sur le marché français a diminué de 4,1% et atteint 2.636 milliards d'euros. L'AFG pointe la «très mauvaise tenue des marchés», mais également «une très vive concurrence des placements bancaires» et «l'alourdissement et l'instabilité de la fiscalité de l'épargne».
«Les OPCVM ont subi la concurrence extrêmement forte des produits d'épargne de bilan: c'est l'effet de la réglementation de Bâle 3, qui affecte les banques européennes», explique Pierre Bollon, directeur général de l'AFG. En effet, ces règles prudentielles rendent les établissements avares de leurs fonds propres et les encouragent à privilégier les livrets (hors Livret A et LDD) et les comptes à terme afin de capter l'épargne des investisseurs, au détriment des produits d'assurance vie.
On peut se demander dans quelle mesure 2012 sera mieux orienté. L'AFG regrette la politique fiscale de la France, dont le projet de taxe sur les transactions financières est le dernier avatar. «L'alourdissement continu de la fiscalité de l'épargne et sa volatilité [...] découragent les particuliers de retourner vers les placements longs, en actions, tandis que la réglementation des institutionnels les pousse de plus en plus au court terme», souligne l'association.
En outre, l'AFG a tenu à appeler les institutions européennes à la vigilance face aux Etats-Unis, qui utilisent leur réglementation (Fatca, loi Dodd-Frank, règle Volcker, etc.) comme arme concurrentielle, en lui donnant notamment une dimension extraterritoriale. L'association regrette l'enlisement des négociations concernant le projet de directive PRIPS portant sur l'harmonisation des produits d'investissement de détail.
Les responsables de l'AFG tentent malgré tout de faire bonne figure. Ils considèrent que la baisse des marchés finira par s'interrompre, de même que le transfert de l'épargne vers les bilans bancaires. En outre, la désintermédiation du crédit, qui laisse plus de place au marché dans le financement de l'économie au détriment des banques, peut être positive pour les sociétés de gestion. L'association compte également poursuivre ses efforts de promotion de la gestion française à l'international.