L'Afic s'inquiète du manque de ressources à venir du capital investissement

La première victime de la pénurie de fonds pourrait être le capital risque qui séduit de moins en moins les investisseurs

Par Florent Le Quintrec le 14/10/2011 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

«Le premier semestre confirme malheureusement la problématique des levées de fonds.» C'est le constat fait par l'Association française des investisseurs en capital (Afic) vis-à-vis du marché français du capital investissement. Dans son étude annuelle en partenariat avec Grant Thornton réalisée auprès de ses membres, l'Afic indique que les fonds levés ont reculé de 6% par rapport au premier semestre 2010, à 1,471 milliard d'euros. La baisse atteint même 83% si l'on compare à la même période de 2008. Cela fait donc six semestres consécutifs que les montants investis sont supérieurs aux fonds levés, ce qui nourrit des inquiétudes sur les ressources futures du secteur.
«J'ai peur que les levées du second semestre soient au mieux égales à ce qu'on vu a vu au premier semestre», prévient Chloé Magnier, directrice des études économiques et statistiques à l'Afic, en raison du contexte économique difficile. Si les apports des banques et des assureurs sont repartis à la hausse, ils restent loin de leurs niveaux d'avant la crise du fait des nouvelles règles prudentielles.
En revanche, les montants investis au cours des six premiers mois de l'année retrouvent presque les niveaux d'avant la crise. Avec une hausse de 45,2% à 4,3 milliards d'euros, les investissements réalisés représentent déjà 66% du total de 2010. Cette tendance a principalement été soutenue par les investissements en capital développement (+82%) et le capital transmission/LBO.¨Par type de véhicules, ce sont les fonds communs de placements à risques (FCPR) qui ont réalisé plus de la moitié des apports. Les services et les transports ont reçu la part la plus importante des capitaux tandis que l'informatique a été le secteur le plus accompagné en nombre d'entreprises.
Cette hausse ne doit cependant pas cacher les difficultés que rencontre le capital risque. Celui-ci n'a attiré que 316 millions d'euros au premier semestre (+12%), notamment pénalisé par des arbitrages en faveur du capital développement. «Nous avons un capital risque français qui est très fortement en danger aujourd'hui. On s'aperçoit que les véhicules 'retail' ont significativement réduit leurs investissements en capital risque», s'inquiète Chloé Magnier.
Les désinvestissements ont quant à eux atteint un record historique, à un peu plus de 3 milliards d'euros, soit un cinquième trimestre consécutif de hausse, dont plus d'un tiers provient de cinq opérations supérieures à 100 millions.

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