Kepler Capital Markets se dote d'une équipe dédiée au marché de la dette

Le courtier européen veut être un acteur de poids dans les émissions des entreprises en profitant du lancement des plate-formes obligataires européennes.

Par Amélie Laurin le 08/09/2011 pour L'AGEFI Hebdo

 
 
 
 

Acteur reconnu des marchés actions, Kepler Capital Markets étend sa palette de services dans le fixed income (produits de taux et change) au-delà du courtage interbancaire et des dérivés. « Nous venons de créer une structure dédiée nommée Fixed Income Agency qui offrira des services de conseil, d'exécution et de recherche macroéconomique, crédit et quantitative à nos clients institutionnels, comme nous le faisons déjà pour les actions », dévoile Philippe Musette-Sykes, responsable des marchés de capitaux chez Kepler depuis fin juin. L'ancien patron des marchés de taux européens de Nyse Euronext retrouve l'univers bancaire après avoir créé pour la Bourse transatlantique la première plate-forme multilatérale de négociation d'obligations européennes, baptisée BondMatch.
Kepler est l'un des premiers affiliés à cet outil lancé dans le cadre de Cassiopée, l'initiative de Paris Europlace pour le développement d'un marché de la dette organisé, plus liquide et transparent que les échanges de gré à gré (OTC). « L'OTC et [les ordres à] la voix ont encore de beaux jours devant eux, mais les événements de cet été montrent que le marché obligataire manque toujours d'efficience », estime Philippe Musette-Sykes, qui juge aussi que « le ‘market making' (tenue de marché, NDLR) va devenir de plus en plus difficile pour les banques en raison du coût du risque et des normes de Bâle III. La liquidité sera donc aussi apportée par des intermédiaires comme nous sur les marchés primaires et secondaires ».

Recrues à Paris et Londres
Kepler va aussi s'affilier aux systèmes concurrents de BondMatch : Galaxy, de Trading Screen, et MTS Credit, du London Stock Exchange. « Pour l'exécution électronique, nous allons vers un modèle proche du marché actions : il nécessite une technologie similaire de ‘smart order router' (système intelligent de routage des ordres, NDLR) pour garantir la meilleure exécution sur les plates-formes de crédit naissantes », pointe Philippe Musette-Sykes.
La nouvelle structure de fixed income « épaulera » l'équipe de corporate finance de Dominik Belloin, venu d'Oddo & Cie pour redynamiser le conseil en émissions primaires de dette et actions. Les obligations en euros des clients corporate seront distribuées aux clients institutionnels de Kepler par l'équipe de Philippe Musette-Sykes. Le groupe est en train de recruter six à huit vendeurs à Paris pour la France et le Benelux, et six à Londres pour servir les gestionnaires de fonds anglo-saxons et la Scandinavie. « Ce seront tous des professionnels avec au moins dix ans d'expérience, qui seront entourés de jeunes ingénieurs », affirme Philippe Musette-Sykes. L'organisation des équipes de fixed income de Genève, Zurich et Madrid reste inchangée pour le moment.
Afin d'attirer et de fidéliser les institutionnels, Kepler compte mettre à leur disposition des notes de recherche crédit. « Les quatre analystes crédit de la maison rejoignent la Fixed Income Agency pour coordonner notre stratégie de recherche et notre approche macroéconomique de la dette, précise Philippe Musette-Sykes. Et nous allons définir une nouvelle feuille de route pour les analystes actions, qui ont déjà accès à toute l'information nécessaire auprès des émetteurs, afin de donner une orientation crédit à leurs études. Nous sommes en train de réfléchir à l'univers que nous allons couvrir en premier lieu. » Les 43 analystes actions suivent actuellement 460 sociétés européennes. Reste à savoir s'ils seront prompts à émettre des opinions au-delà de leur champ d'expertise traditionnel.
Kepler revendique en tout cas un modèle intégré. « Nous voulons être présents, du primaire au secondaire, sur l'ensemble des métiers de la banque d'investissement en ne prenant jamais de positions pour compte propre afin de ne pas nous retrouver en conflit d'intérêts avec nos clients », déclare Laurent Quirin, PDG de Kepler. Repris par son management en 2008, le courtier va finaliser le 1eroctobre l'ouverture de 47 % de son capital au fonds d'investissement BlackFin (lire aussi page 20), à la Caisse des dépôts, au Crédit Mutuel Arkéa et au groupe milanais Banca Leonardo. « Nous avons levé 51 millions d'euros afin d'accompagner notre développement organique et d'effectuer des acquisitions ciblées, poursuit Laurent Quirin. En dépit de la crise financière, nous avons su maintenir notre rentabilité grâce à la maitrise des coûts ». Les revenus récurrents restent inférieurs à la base de coûts (voir le tableau), mais Kepler ne manque pas de projets pour les faire croître. A commencer par l'intégration du courtage actions de Banca Leonardo à Milan.

Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte

Illustrations

 
 
 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez-vous

 

S’abonner gratuitement aux newsletters

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Communautés

Derniers membres enregistrés