La baisse des encours de l’épargne salariale devrait être inférieure aux craintes
- 10/04/2008

En s’appuyant sur les chiffres de Natixis Interépargne, leader du marché, on peut estimer les retraits à deux milliards d’euros à mi-parcours

Le déblocage anticipé de la participation jusqu’à 10.000 euros, l'une des mesures phares du projet de loi sur le pouvoir d’achat, pourrait avoir moins d’effet que le gouvernement ne l'espérait. Au 31 mars dernier, - la mesure étant pour le moment en vigueur jusqu’au 30 juin prochain - Natixis Interépargne, leader avec une part de marché de 26,4 %, avait remboursé 524 millions d’euros. Le montant moyen est faible, de 2.528 euros par salarié. « Ceci démontre qu’une grande partie de ces salariés avaient déjà utilisé les précédentes mesures », explique Patrick Alaguero, directeur ingénierie produits de Natixis Interépargne. Près de trois demandes sur quatre concernent des montants inférieurs à 3.000 euros. « La conjoncture boursière de fin d’année a diminué le montant que les salariés ont pu récupérer. Certains préfèrent sans doute justement attendre les derniers jours pour se décider, espérant que la Bourse remonte », ajoute Patrick Alaguero. En extrapolant ces résultats, l'ensemble de l'industrie aurait donc fait face à environ 2 milliards d'euros de retraits au premier trimestre, contre respectivement 7 et 7,5 milliards d'euros sur l'ensemble de 2004 et 2005. « Il est difficile de faire des pronostics sur l’ensemble de la période, d’autant plus que dans certaines entreprises les accords sont encore en négociation », tempère Ephraïm Marquer, directeur de l'épargne salariale et de l'épargne retraite à l’AFG (Association française de la gestion financière). « Par ailleurs, on ne sait pas encore quelle utilisation les bénéficiaires ont fait de l’argent. On peut cependant s’attendre à des résultats comparables à ceux d'il y a quatre ans, lorsque les sommes libérées avaient très peu servi à la consommation », ajoute-t-il. En 2004 et 2005, seulement un tiers des montants débloqués avaient été consommés immédiatement. Un autre tiers avait été utilisé pour réduire l’endettement des ménages, tandis que le reste avait été replacé. Auprès des entreprises, l’enthousiasme est resté entier en 2007, avec 15 % de nouvelles sociétés ayant opté pour l'épargne salariale. L’encours, qui couvrait 11 millions de bénéficiaires à fin 2006, aurait ainsi augmenté de près de 7 %, atteignant près de 94 milliards d’euros.


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